‹ Études indianistesChapitre 8 sur 122 · L'INDE EN PAGE DES TEMPS ANCIENS · texte numérisé non relu

L'INDE EN PAGE DES TEMPS ANCIENS

toarne dans Timmense océan, ou, pour me servir de la belle comparaison des Yedas : « ce sont des étincelles qui retournent à Timmortel fojer d*où elles sont desi oendues. »

Les âmes de ceux dont le cœur et la main n*ont él t iîouillés d'aucun crime, d'aucun péché, sont les seules qui ' le réunissent tt s'identifient, après Taffranchissement do a forme corporelle, avec la divinité, où le sentiment particulier se perd dans la béatitude générale, tandis que les âmes coupables, après avoir expié leurs fautes dans Tenfer, subissent diverses migrations, et ne rentrent dans la nature spirituelle de Brahma qu'après avoir été purifiées de leurs méfaits.

L'âme qui retourne animer un nouveau corps, dît le Vedanta, abandonne sa forme première, et comme la goutte d'eau qui traverse Tair pour venir donner la force et la vie aux plantes sur lesquelles elle tombe , elle pénètre dans l'embryon animal, qu'elle vient animer et vivifier.

Comme on le voit, l'éternité des peines est un dogme que les philosophes indous n'admettent pas, et cela avec raison, croyons-nous ; le crime, quel qu'il soit, peut et doit même, en n'admettant pas les migrations successives, s'expier par le châtiment, jusqu'à ce que l'âme purifiée puisse \ être jugée digne d'une félicité sans bornes par sa réunion au Grand-Tout, à l'universelle Sagesse.

Fidèle écho des doctrines tie l'Orient, Platon avait Ica •mêmes idées sur les destinées futures de Tâjae, sur sa vie â venir; il pensait qu'elle était un rayon émané de la su-: préme intelligence, et qu'elle devait y retourner, et la faculté de s'absorber dans le sein de la divinité était regardée par lui comme une récompense des bonnes actions, et il la refusait aux âmes impures.

Nous pouvons conclure do cette esquisse rapide que les réminiscences de la philosophie indoue, qui se rencontrent à chaque pas dans la doctrine professée par les hommes

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illHstres de la Grèce, sont une preuve éclatante que c'est de rOrient que leur était venue la science, et que beau* coup d'entre eux sans doute furent y retremper leur génie, 'et s'abreuver à longs traits aux sources originales et pri- 'mitives.

Est-il possible à la lumière de se produire d'une manière plus complète , et l'esprit même le plus partial pourrait-il nier Tinâuence que l'Inde a exercée sur le reste du monde, et notamment sur l'antiquité, par sa langue, sa législation et sa philosophie? Il faudrait, crojons-nous, avoir la négation singulièrement robuste et inintelligente pour oser soutenir, en présence de tels rapprochements, je pourrais dire de telles copies, que la Grèce et Rome ne doivent rien àl'Inde, et qu'elles se sont élevées à la civilisation que nous connaissons par leur seule initiative, leurs seules forces, leur seul génie.

Nous admettons facilement que Rome a été inspirée par la Grèce, la Grèce par l'Asie Mineure et l'Egypte ; pourquoi, surtout en face des preuves éclatantes que nous venons de donner, ne pas continuer le même raisonnement, qui conserve sa même force logique, et accepter l'Inde comme rinitiatrice des peuples anciens? Il n'y a là ni paradoxe Di théorie spéculative plus ou moins ingénieuse, mais bien une vérité qui fait son chemin, que tous les grands indianistes ont acceptée depuis longtemps, et qui ne sera repoussée, croyons-w>us, que par les hommes d'un certain parti, parce qu'elle est un argument trop frappant ;^n faveur d'une origine identique des traditions et révélations religieuses chez tous les peuples.

Si rinde, en effet, est le berceau de la race blanche, \?i mère des différentes nations qui couvrent l'Asie, une par • lie de l'Afrique et l'Europe; si, comme preuve de cette iiliation, nous retrouvons, aussi bien dans l'antiquité que dans les temps modernes, les ineffaçables traces décelant cette origine, que ce pays nous a léguées par sa langue, sa

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législation, sa littérature, ses sciences morales et philosophiques, ne devient-il pas évident que les traditions religieuses, qui se sont transformées et épurées sous la maio du temps et les efforts de la lihre pensée, ont dû également nous venir de là, car ce sont les souvenirs que les peuplades émigrantes et colonisatrices conservent le plus pré*' cieusement, comme un lien pieux entre la nouvelle patrie etTancienne, où reposent les cendres des ancêtres qu*ilj ne doivent plus revoir?

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