LE TIGRE ET LE RAT PALMISTE
• Un tigre dormait dans le sombre réduit d'un bois. Un rat palmiste qui jouait sur une branche avec sa femelle se laissa par mégarde tomber sur l'animal et le réveilla.
l'idée ob duëu dans l'indb. 191
c Le tigre tvt0i4^ colore, elle rai palnû«le sa orui inort. Mais le lod de la joaglA était de boADe imutour» II lui ât grâce de la vie.
I Sur le soir, «t sortant de ta tanlàre, le tigre aù laissa prendre dans aa piège «t fit trenbler la etwpagae de ses hurlements. Or le rat palmiste aoeortrut airec «a léaieUe, «t tOQs deux ayant rongé lee oordas du piégei» ie tigre fut délivié.
c O hoDMM, tette fable te montre qw la force doit ôtre donoe à la f aiblesBe^ puisqu'un tigre a eu l)e8oin d'un rat. »
l'éléphajït bt l'égurbuil.
c Un jour, dans le pays de Kottxou-Ma^ooor, il avait tant fda que les ieaves avaient quitté leur lit et qm les étaagset les lacs avaient débordé. >
« Et de toutes parte les animaux fuyaient vers les montafnes pour échapper à la mort.
« Saches, vous qui m'écou te£« que par les caera, par le eoleU et par la pluie, Brahma a voulu que l'^aa ai aéoeBeaire aux hommee m dépouillât «onstaflUBûnt da ses imfiixeiés.
c Et que l'eau qui tombe du ciel est la seule dont les «aints ermitea et lee nminis doivwU ae eenrir po«r les ablutions.
« Or ua éléphaat qal ^r&gaait en teate hàlaia SAontagnOt car le péril était grand, même poor lee anfaaaux de sa laco» aperçut un écureuil qui se cramponnait avec des cris plaintifs à une branche d'arbre emportée par les flots.
c Touché de compassion, il arrêta la branche avec sa longue trompe, dont l'écureuil se servit immédiatement comme d*un poirt pour^^nir s'asaeoir eur aa tfifte, aaitra aes deux «peities.
c Ils chemInèiQÉt ainsi leute la }oaniée et ani^p4rf«t far le soir dans une contrée que l'inondation n'avait pas anvaJiie*
c C'était snr les bords de la mer, et aussi loin que la vue pouvait s'étendre pas un brin d'herbe n'apparaissait sur le terrain sablonneux.
c Gomment allons-nous faire pour manger, dit l'éléphant à son petit compagnon, ce n'est rien d'avoir échappé à l'eau, si nous dei/ons mourir de faim?
c Ne crains rien, répondit l'écureuil, s'il n'y a point d'herbe ici, les cocotiers ne manquent pas et nous donneront une nourriture délicieuse.
c Hélas I continua l'éléphant, tu sais bien que c'est un arbre qui déûe ma force, il plie et ne casse jamais, comment veuxtu que je fasse pour cueillir des fruits et couper des branches qui sont si loin au-dessus de moi?
t £h bien , fais comme moi, répond l'écureuil, et en deux ou trois 1)0 nds le petit animal atteignit la touffe de verdure au sommet du cocotier.
c Voilà que tu m'abandonnes, lui dit tristement le pauvre kapin (en samscrit, éléphant), c'était bien la peine que j'arrête la branche qui t'emportait.
t Comme il disait ces mots, une grosse noix de coco, dont l'écureuil avait rongé la tige, vint tomber à ses pieds, et après celle-ci une autre, puis une autre encore, puis des branches en telle quantité qu'après en avoir mangé à sa faim, il lui en resta encore une forte provision pour le lendemain >
c Et l'éléphant, quand il fut rassasié, dit à son ami : Ne trouves-tu point singulier, toi qui es si petit, d'avoir pu donner à manger à un animal aussi gros que moi.
c Et l'écureuil répondit : Gela prouve que l'on peut avoir besoin d'un plus petit que soi.
c 0 homme, cette fable te montre que les bonnes actions reviennent toujours à celui qui les accomplit, et qu'une bonne action ne reste jamais sans récompense. §
Ne sont-ce point là les fables que de Gasyappa à Pilpay
l'idék db DiBa DANS l'indb. 198
et Ësope, de Phèdre à La Fontaine et Florian, les anciens et modernes, ont copié à Tenvie, sans 7 rien ohanger ni comme action ni comme moralité.
La force doit être douce à la faiblesse. \
On peut avoir besoin d'un plus petit que soi. j
Une bonne action ne reste jamais sans récompense.
De pareils exemples peuvent se passer de commentaires, la preuve se fait d'elle-même : ce n*est pas de l'imitation éloignée, c'est de la copie servile...
11 n'est pas d'argument qui puisse démontrer avec plus de force l'influence de l'Inde sur le monde entier ancien ou moderne, car il est clair que toutes les langues descendant du samscrit, toutes les autres branches de littérature, les sciences philosophiques et religieuses, ont au même titre que la fable, suivi les émigrations qui disper^^érent sur le globe, les traditions de la uiére patrie.
Nous pourrions multiplier les exemples, et à toutes les fables d'Ësope et de La Fontaine opposer la fable originale de Gasyappa et de Pilpay, mais trop de sujets exigent de nous un travail identique, pour que nous puissions nous arrêter plus longtemps sur celui-ci.
Quelle abondante moisson pour l'avenir, lorsque tous les sujets que nous ne faisons qu'effleurer seront traités avec soin, que tous les ouvrages samscrits qui s'y rapportent seront traduits, et qu'avant d'étudier Tantiquité grecque, on étudiera l'antiquité indoue dans ses moindres détails.
On verra, nous ne saurions trop le répéter qu'Anacréon, Euclide, Sophocle, Euripide, Hipocrate, Archimède, et toute cette pléiade de grands hommes que l'on avait cru jusqu'ici sans devanciers, sans initiateurs, ne sont, comme Ésope et Babrias, tantôt que des imitateurs, tantôt que des copistes. i
Les anciens qui tous, notre histoire môme nous l'indique, * se rendaient en Asie pour perfectionner leurs études, et puiser au foyer original, aimèrent peu à indiquer les sources de leurs écrits, préférant garder pour eux seuls le tribut d'admiration que leur attiraient leurs œuvres. Cependant ils ne s'y trompaient pas entre eux, et ils savaient parfaite-
Mvowvrage» ^ils iinit«l6Bfc eu eoyimiini. N'est-ce pas Virgile qui a dit :
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