‹ Études indianistesChapitre 93 sur 122 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

mM»lM GOO» d'oui* BM i^RfiÈRK-

Wôus en avons fini avec cette rapide revtié (fe» temp« primitifs de l'Inde. Grâce aux vieux manu^ctits d€^ pagodes cTu Camatic et du Malayalam, provint^es dû sud qui' d<e* tout temps échappèrent aux invasions dtf nord, ïl ntwte * été possiMe de jeter (faelque ïtrmîère sur la civilisation antérieure aux védas et â la grande révr)iutîOtf reUgieuse accomplie par lesbrahmes.

(Test avec peine que flous notis tfrrstchons à ï'éfude de cette splendiàe époque, poufT Continuer à travers les âges, rhistorique du développement de la domination sacerdotaie. Gomme il eut été plus conforme à nos gt>ûts, de n'étudier dans ce volume, qui n'y eut point encore suffi; que cette période patriarcale, — premier pas de Thumanité dans les plaines de flncfoustan et les vallées de THymalaya, — ^ si féconde en enseignements de totrte nature', si intéressante pour riïigtoîre de notre bercjeau.

Mais îl'estUTie tâche que noute nous solïwffes imposéd'aceomplir, et qui ne sent peut-être poînt sans utilité^ c'est de viilgariser Tlnde anctemiev aupol-ut de vue philt)sophique, littéraire et religieux, dfe bien inditfaer les ftiens-qul rattachent à elle tous les peuples, de* prouver que tou^ les systèmes religieux les plus élevés, comme les superstitions les plus groseières viennent delà, et enfin de bien caractériser ce régime sacerdotale sous lequel l'Orient tout entier est mort, sotw lequel nous tomberions à notre tour, si les ouvriers du libre examen ne se fussent levés dès la première heure, et au milieu des proscriptions, des tortures et des bûchers de la

foi> n'eussent proclamé le dogme de la liberté huma^e.

Si nous ne voulons ensanglanter Tavenir, il faut anéantir à bref délai, ce despotisme inintelligent, ce monstrueux égolsme hiératique, qui ne comprend les nations que comme des troupeaux bien disciplinés, léchant la main du pasteur à chaque brebis que l'on tond, à chaque bœuf que Ton égorge...

Et pour l'anéantir, il faut lui enlever son auréole, lui prouver que Dieu n'a été de tous temps dans ses mains qu'un instrument, que sa prétendue révélation n'est qu'une rénovation des mystères de rOrient, une copie servile des croyances et des cérémonies brahmaniques , et qu'il n'y a d'autres révélations que les saintes lois de la conscience.

Quand nous lui aurons démontré, qu'il n'est pas un de ses mystères, pas un de ses sacrements qui ne dérivent des brahmes, que de l'eau bénite à la bannière, au chapelet et au scapulaire, tous les signes extérieurs de son culte viennent des pagodes;

Quand on sera bien persuadé que depuis des milliers d'années l'hiérophante joue toujours le même rôle, que les prophètes, les rédempteurs, les miracles, les sortilèges ne sont que des moyens do domination qu'il emploie à période fixe pour raffermir son autorité ébranlée;... que partout et dans tous les temps il s'est opposé à l'instruction des masses, pour que la lumière ne se puisse faire dans ses jongleries... Alors i'homme voyant clair sous le masque se débarrassera d'un vigoureux coup d'épaule de ce mendiant sacré, allié naturel de tous les despotismes qui consentent à le protéger.

Si minces que soient nos elTorts c'est pour la liberté et la digaité humaine que nous sapons le préjugé religieux, le culte du lévite et du brahme, et pour restituer à Dieu cette giiiiide ligure toute do bonté et de pardon, qu'ont entrevue et adorée nos ancêtres.

Inutile de nous traiter d'athée, messieurs de la Salette et de Lourdes^ nous avons en Dieu une foi ardente, mais nous refusons d'admetire*tous les crimes dont on a souillé son image, nous refusons de nous incliner sous la main qui l'exploite... Et nous ne pouvons nous empêcher de rire en

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remarquant à vos cous et dans vos mains, les chapelets, les images, les goardes, les bourdons que nous avons déjà vu traîner dans la poussière des grands chemins de l'Inde, aux processions de Siva...

Allez... vous avez beau faire, cette foi qui transporte les montagnes, qui soulève, comme le vent les épis mûrs, des nations tout entières au profit d*une idée fausse dont elles s'enthousiasment, cette foi est morte dans vos cœurë; vous n'obéissez plus qu'à un mot d'ordre... et ce n'est pas vous qui redorerez la tiare de Rome, ou qui nous ramènerez le $aint Roy guérisseur d'écrouelles. Vous étiez trente mille^ diton, dans la vallée de Lavédan, à celte agape cléricale et immaculée qu'on a appelé le réveil de la France! Sur trentesix mille communes, ce n'est pas un sacristain par paroisse t...

Et puis, vrai I vous ne savez pas vous y prendre; vous vous servez des chemins de fer, vous emportez de grosses provisions/ vous vous habillez, vous ne manquez de rien, comment voulez-vous qu'on vous distingue d'un train de plaisir? ce n'est pas ainsi que procède la vraie piété.

Venez voir ici les Indous abrutis par les brahmes, c'est eux qui savent faire une procession, et se rendre à un pèle* ri nage. Égrenant leurs chapelets, marchant sur leurs genoux, tous les dix pas embrassant leur scapulaire, n'ayant d'autre nourriture qu'un peu d'eau et de riz grillé, nus et exposés à toutes les intempéries du climat, ils s'en vont à la queqe leu-leu, deux à trois cent mille à la pagode de Djadgernat, supplier Siva de chasser l'étranger, et de rétablir le pouvoir sacerdotal.. •

Nous vous recommcmdons cela pour la prochaine manifestation!

De ridicule cela peut devenir dangereux, c'est pour cela qu'il faut tuer le présent par le passé, et montrer à tous que depuis son apparition dans le monde, le prêtre a toujours fait de Dieu un instrument d'oppression et de bouleversement politique...

Cette première partie de l'histoire de l'Inde, que nous venons d'étudier et qui est aussi celle du monde, peut se résumer dans ces quelques mots : Unité de Dieu, * culte

«8S l^lS» FU.S X» DJVl^

Ompbp i&jmé A^ tout mjfdèti^ le toute super^titioo^ -^ au» iorïté ^t «iaoûrdoioe djx pôra 4a fonûUe, --^ iCro7ai)^e anl'ijEfrmortalité d» V^naa», ^ l» ûl9 rédeunpteur du pèr^ a^ur^ aa mort par les cérémonies funéraires qu'il wxoroplit aux sa tombe, — £ulte des ancêtres,^ «u ud jnot xeligiou tiatu relie.

I^ouis avons vu par h» invitations» iê^ bymoes^ las prière», lee l^eudes parveiMies ju^u'^ uouji, quaUûs idées sublimes eeUe civilisation primitive» sut éaiettre sur Diau« la eon^ aftianceet la vie futuroj idéee dout lee sages» lee prudjBuie «t JiBs pbilpsopbes spiritaalistee de tous les temps, ae eout em- 4^arés sans que leurs sjstèmae et leurs diecâssions d'é^e aient pu y ajouter une saule vérité.

D^ est un, la lîonseieoee est responsable et libjse, Vku» est immortelle, aimez-^vous les uns les autres» rendee le Um pour le mal : tout cela a été dit et écrit dès l'époque patrvarfale» et toute la scient relqiieuse ^ m^orala 4e l'iiumauité est dans C6» quelques parbleu*

Au &ieu d'Adgigarta, de tk)udama Ja âemaur, da primitif Manou et 4es védas» aaiiê avom epposé Je Piau de Motoe etdejafiibli.

£>'un c^té la lumière. U pus et le eubUo^l

De l'autre, l'obscurité, le xaeneiKiige» la superstition, l'obacénité^ et le règue 4e la force brutale I

h'^e de Moïse opposée h^ Yère patriajseaLi iadoua est «n étrange aoaebronieme» et xuNie ne l'aYona eomaiis que pour montrer que le lé^slateur Mbeeiqwe» m procéda point de l'époque primitive, bien qu'il lui ait emprunté l'unité 4e Dieu, mais bien de l'époque brahmaniqM, à kMpieUe il se jattecbe par se;s snperstitiMe ai eoa régime eaeerdotal. Qu'y a-t-il de commun entre ce' farouche chef de bande, toujours prêt pour la «Maeaeiie* firéeurseur de Maliomel» qui a'jmposa par les mêmes moyeae^ et les hommes qvd dene ^ur amour pour la divinité, et ccmune complément d'uoa vie paisible, ei toute chargée de bonnas aciioas» se retJ^ raient dans les bois et consacraient à la i^éditaiion et à Ift |)rjiére lenrs derniers iAStautet

Que dire d'hommes qui oat tisoufé de p^iaiUai lUMiittêe»^ at y ont soumis leura aetiooa ;

L*IDÉB DR DISU DAMS li'iNDB. t9t

« De même que Feau puilfie ce que la %erre sotflle, de môme l'amour de Dieu et la pratique de la yeitn porlflwH

XojQJt /DomsDuralt.en ises temps recules à donner & dhacun^ l'Amour de Diaudjt du prochain^ le respect de 86i-mtae, et le désir d'arrii^er au seiâl de la vie future, arvec Tespoir fte la xécompense jOlnalo.

La mort était une seconde naissance.

Qavrez ce vaste jrecueil du Prûsada, pas tm liymne, pas une prière que le philosophe le plus édalré, ne consoirttt à adresser à Dieu, môme encore aujourd'hui. Et fl n'est pas jusqu'à ia Xahle qu^ ainsi que nous l'avons tu, est d'odgine patriarcale, qui n'ait été conçue dans le but d^allier l^sn* seignement fooral jà la recréation de l'esprit. . Nous allons voir comment cette civilisation, si simple, si ccHiforme à nature de l'homme, si dljo^ne dans le culte qiMle jrendait à Dieu, fut démolie pièce A pièce^ par la vaste conifiration sacerdotale^ qui s'est étendue sur le monde depiâs iiix jmiUe ans et pins^ si contre laquelle Pespcit moderne, lendant à revenir aux pures doctJlnes des premiers ftges, m levé l'étendard de la jrévûlte.

JPuiAsions-nous, en ressoudant à tncvers les siècles les anneaux qui relient les prôtres de Rome aux lévites et aux brahmes, les bûchers catholiques aux hécatombes de ÏMi6^ «I dévâUanX J'ocigine de leurs mystèrefit, de leurs su* perstitions, de leurs envoyis i^estes issus de vierges et fUs de Dieu, faire comprendre aux nations modernes, qu'elles vtû&iA qnVanMifs^i asliii : riwtarmiim des masfwir I

Qu'importent les travaux des penseurs, des philosophes, qu'importe le livre, qu'importent les progrès politiques péniblement conquis I il n'y aura rien de fait, entendez^voui, tant qu'on pourra trouver chez un peuple, une masse tellement ignorante du passé, et inconsciente de ses actes, qu'il n'y a souvent pas l'épaisseur d'un cheveu entre l'argument qui la mène au pillage, et celui qui la conduit à Lourdes.

Haine à l'obéissance servile.

De quelque part qu'elle vienne, de la rue ou du temple, c*e8t un legs sacerdotal du passé.

Le peuple doit penser par lui-môme.

fit pour qu'il pense par lui-môme, il a droit à l'instruction, comme il a droit à l'air qu'il respire.

Depuis plus d'un siècle, l'Amérique n'a pas eu un homme mis à mort légalement, pas un emprisonné, pas un déporté pour croyances politiques, religieuses ou sociales.

Voilà ce qu'a produit la liberté sur les ruines du despotisme sacerdotal et royal !

Et d'un côté comme de l'autre vous n'arriverez pas à ce résultat, sachez le bien ! soit en fusillant des prêtres, soit en déportant des ouvriers.

Vous éternisez les haines, et ne faites que replâtrer le mur de la maison.

Depuis cinquante ans, les esprits politiques les plus distingués, se sont bornés à tâcher d'édifier un monde nouveau avec les morceaux du vieux : est un homme de génie celui qui trouve une solution d'un jour. Insensés qui ne voient pas que le peuple libre et sans instruction, c'est la foudre sans direction, c'est le fleuve sans digue, et qu'ils n'auront vraiment rompu avec l'esprit hiératique, pansé les blessures du passé, et fait quelque chose de vraiment humanitaire, que le jour ou ils auront inscrit en tôte de nos codes, cet article si simple :

Uècolê communale est obligatoire pour taui ian$ distinction de fortune ou de position jusqu'à seize ans.

C'est ainsi que l'Amérique a fondé et conserve sa liberté.

l'idéb ï>r dieu dans l'indi. 201

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