CCLXXXIX
GUICHARDIN il!
Nous avons cîlé précédemment plusieurs de ses Bicordi attestant les impressions durables de son ambassade en Espagne, et Ton retrouverait également ici les traces de son énergique période d'administrateur en Emilie et en Romagne, avec des témoignages très véridiques sans doute en Thonneur de son intégrité ou bien contre les abus de son temps.
J^ai été onze ans au service du gouvernement de TÉglise et avec tant de faveur des supérieurs et des peuples que j'y serais demeuré encore sans les événements de 1527. J'ai trouvé qu'aucune chose ne m'y avait rendu plus stable, que d'avoir toujours montré que je ne tenais point à y rester. Parce que sur ce fondement, je faisais, sans égard à aucune soumission ni influence, ce que je considérais comme plus juste et utile dans ma charge, ce qui me donna plus de réputation et d'autorité que n'auraient pu le faire toutes les complaisances, bassesses et faveurs ^
La partie politique du rôle de Guichardin aurait ensuite pour écho un bon nombre de ricordi sur les devoirs du négociateur ou du général d'armée. Il se demande par exemple si le prince qui veut tromper celui avec lequel il négocie ne fera pas bien de tromper d'abord son propre ambassadeur qui sera ainsi plus naturellement persuasif ^
Il n'y a point d'affaire ou de conduite au monde où il faille plus de vertu que pour un chef d'armée, non seulement par l'importance de l'action, mais parce qu'il faut mettre ordre à une quantité de choses les plus diverses : savoir tout prévoir longuement à l'avance et tout réparer subitement ^,