‹ Études italiennesChapitre 29 sur 41 · LZXII · texte numérisé non relu

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Alexandre, César et tous les grands hommes chez qai on vante cette vertu n'ont jamais employé la clémence quand elle pouvait diminuer ou compromettre le fruit d'une victoire, c'eût été de la démence. Ils savaient choisir les occasions où, sans rien leur ravir de leurs avantages, elle augmenterait leur gloire ^

La vengeance ne vient pas toujours de la haine ou de la cruauté : elle est parfois nécessaire pour imposer le respect. 11 peut donc très bien se faire qu'on se venge sans aucune animosité personnelle '.

Observateur si attentif des cas d'expérience, Gui- Chardin diffère du moraliste religieux, qui tourne tout vers Tunique idée du salut, et du moraliste philosophe, qui se préoccupe des vérités abstraites, en ce que chacune de ses remarques est une réponse de plus aux innombrables incertitudes de quiconque, livré aux soins de la vie pratique, ne songe qu'à éviter les échecs et à conquérir le succès. Il y mêle çà et là ce qu'il a pu noter au passage, en considérant le plus grand nombre des cas, la marche commune des choses, la conduite ordinaire des hommes.

Avoir beaucoup d'esprit est un don fait à quelques-uns pour leur tourment et leur malheur : il ne sert qu'à leur causer plus de soucis qu'aux gens doués d'une plus courte vue •.

Les caractères sont bien divers : chez les uns,respérance est telle qu'ils tiennent pour certain ce qu'ils n'ont pas encore; d'autres sont si craintifs qu'ils n'espèrent jamais tant qu'ils ne tiennent pas. Je m'accommode mieux de ces derniers, parce qu'ils se trompent moins souvent; mais ils vivent très inquiets ^.

Quelque certaine que vous paraisse une chose, si vous

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