SCENE PREMIERE
Une profonde paix règne dans cet asile.... Je sais seul... Approchons d'un pas ferme et tranquille. Tout semble m'annoncer que mes vœux sont remplis. Il est donc là, ce sang qu'Egisthe ma promis!... Je respire... le ciel a pris soin du supplice ; Et du coup qui me venge il m'a rendu complice.... Au comble de mes vœux, suis-je heureux , en effet ?.... Non, je m'étais promis un bonheur plus parfait. On dirait que mon ame, à la haine formée, D'un autre sentiment ne pût être animée. Haïr, haïr sans cesse, est un besoin pour moi.... Mille pressentimens qui me glacent d'effroi Viennent s'offrir en foule à mon ame incertaine.... Dieux ! que me reste-t-il de quarante ans de haine ! Une tombe.... du sang.... peut-être le remords !... Maîtrisant à son gré mes aveugles transports, Le ciel m'a donc ôté le fruit de ma vengeance ; Et lorsque tout m'en offre ici la jouissance, Un dieu cruel me livre à l'effroi qui la suit. Tai satisfait ma rage et le charme s'enfuit... O fatal ascendant d'une juste colère
y6 LES PELOPIDES.
Qui me rend tour-à-tour à moi-même contraire! Les YoiU, ces tourmens qui m'étaient destinés! La terreur a saisi tous mes sens étonnés.... Il me tarde qu'Egisthe, à son devoir fidèle, Des soins qu'il a remplis m'apporte la nouvelle....
Quel motif inconnu loin de moi le retient. "^
Ce retard me surprend.. Gardes!., mais quelqu'un vient. C'est lui.
(Les gardes accourent à la voix d'Atrée, qui se trouve dans le fond du théâtre, tandis qu'Egisthe s'avance sur le devant de la scène.)