ACTE V, SCÈNE IV. 8i
Du tyran que le ciel abandonne à ton braS|
J'ai fait, de ma retraite, observer tous les pas ;
Et j'apprends que, suivi d'une farouche escorte,
Du temple, aux yeux du peuple, il a franchi la porte.
Enfin, je ne crains plus son retour en ces lieux....
liais quel est ton espoir, et qu attends-tu des dieux?
Le péril que tu cours alarme ma tendresse.
Et d'un père pour toi j'ai toute la faiblesse....
Apprends-moi....
ÈGISTHE.
Vous savez comment notre tyran De votre mort en moi crut trouver un garant : Connaissez le secours offert à mon courage. Je vous quittais à peine et mon cœur plein de rage , Appelait sa vertu contre un lâche oppresseur. Lorsqu'au bruit répété dans Argos, en rumeur, Qu un sanglant sacrifice au temple se prépare, Mes amis, sur la foi d'un zèle qui s'égare, S'empressent à mes yeux pour me suivre aux autels. Instruits en peu de mots du vœu des immortels. Et jaloux de défendre une cause sacrée, Tous à ma voix bientôt sont ligués contre Atrée. C'est à l'aspect des dieux et du peuple assemblé. Parce glaive.... par moi, qu'il doit être immolé. Tout est prévu. Sa garde à mes soins est livrée. Peu nombreuse, du temple elle occupe l'entrée, Tandis que les guerriers dont j'ai reçu la foi, Admis aux premiers rangs, le suivront avec moi.
THYESTE
JElst-il donc sans appui?... le peuple...
8a LES PELOPIDES.
ÉGISTHE
Vous regrette.
La révolte , en secret, depuis long-temps s apprête ;
Et je verrai bientôt votre nom proclamé,
Réveiller dans Argos un zèle comprimé...
(au garde.)
Mais pour flatter encor la noble impatience
De ces cœurs généreux qu'anime la vengeance,
"Vous, revoyez pour moi mes amis rassemblés
Qu'ils m'apprennent l'instant du sacrifice... Allez.
(Le garde sort.) THYESTE.
La vengeance!... à quel prix faut-il que je l'obtienne ! La perte de ma fille et peut-être la tienne, Voilà l'ouvrage affreux que j'aurai consommé !
ÉGISTHE
Sur le sort qui m'attend, cessez d'être alarmé. Ne pleurez que ma sœur et pleurez en silence : Attendez tout des dieux qui prendront ma défense.
THYESTE
Hélas! à mon destin qu'importe l'avenir!
Si mon sort doit cbanger, c'est à toi d'en jouir.
En proie aux longs regrets dont mon ame est flétrie,
Pour toi seul, un instant, je remonte à la vie.
N'attends pas que plus loin j'en porte le fardeau,
Ton père en ce palais ne cherche qu'un tombeau.
Mais toi, dont le courage et l'ardente jeunesse,
D'un cœur plein d'espérance encouragent l'ivresse,
De tes soins généreux que te revrendra-t-il ?.,.
J'ai dévoué ta tête au plus affreux péril.
Les Atrides bientôt secourus par Tyndare,