ACTE I, SCÈiNE il. laS
Qu.nul l*alerme succombe, est-ce i\ moi de trembler! C'est A moi i\v mourir ou de vaincre avec elle.
DBSPOBCELS.
Croyet qu'il est encore une gloire plus belle Et plus digne de nous.
ALIERTI.
C'est me l'offrir en vain :
Cest trop long-temps nourrir un espoir incertain. Loin de moi les honneurs au prix de l'infamie. On demande mon sang.... je l'offre à ma patrie. Quand la loi se torture au gré du bon plaisir , Plus on devient puissant, plus il faut s'avilir.
DESPORCELS.
Est-ce à vous de le craindre, à moi de m'en défendre? n est un noble but où nos vœux doivent tendre Et qu'à votre vertu j'oserai proposer : Cest le prince avant tout qu'il faut désabuser.
ALBERTI
Le désabuser !... nous !
DESPORCELS.
D'un conseiller perfide, Enchaînons, s'il se peut, la fureur homicide , Et du roi , pour son peuple , intéressons l'amour.
ALBERTI
Et quels moyens ?
DESPORCELS.
Bientôt je reverrai sa cour.
Au devoir, a llionneur il m'a connu fidèle : Il a plus d'une fois récompensé mon zèle. Au récit de vos maux j'attendrirai son cœur.... Il peut rougir encore au seul nom d'oppresseur.
laG LES VÊPRES SICILIENNES.
ALBERT I
Espérez-vous aussi que son décret sinistre ,
En attendant repose aux mains de son ministre ?
Ah! cessez d'y prétendre. Aussitôt que porté,
L'arrêt , n'en doutez pas , doit être exécuté.
Plus de ménagemens, plus d'indigne faiblesse !
Profitons des instans que le destin nous laisse.
Palerme nous invoque à l'heure du danger,
Vous , ami , pour l'absoudre , et moi , pour la venger.
DESPORCELS.
Sans les autoriser, je prends part à vos craintes. Hélas ! je le sais trop, quand les lois sont enfreintes. Du désespoir au crime il n'est souvent qu'un pas : L'oserez-vous tenter?
ALHERTI.
Je ne m'en défends pas.
DESPORCELS.
Noble aveu d'un dessein que pourtant je condamne. Et dont en frémissant j'excuse en vous l'organe! Affreuse extrémité! triste et fatîil écueil Où des princes tyrans se brise enfin l'orgueil ! O mon ami ! voyez les discordes civiles Ensanglanter nos camps , nos palais et nos villes.... De cet affreux tableau n'avez-vous pas frémi ! Songez que près de Charle il vous reste un ami... Mais quoi! vous m'écoutez avec indifférence !
ALBBRTI.
Je ne vous promrtH iien que ma reconnaissance.
L'avenir est douteux dépendant , agissez :
Je ne dédaigne point votre appui
ACrt 1, ^uh^h 111. 127
DBSPOICBLS.
Cest aMez.
Je conçois d'Albert! la juste dé6ance ,
Et de la vaincre au moins j'emporte Tespérance.
Adieu.
▲LBERTi , seul.
Qu'espère-t-il ? et que vais-je tenter ?....
^l,ll^ voici Péraido Puis-je enfin me flatter
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