SCÈNE III
ALBERT!, PÉRALDO.
PÈRALDO.
Dem;«>>> '• ]iîi.-rf.' rontre aux murs de Paloinip.
Est-il vrai?....
PÉRALDO.
Procida nous est enfin rendu.
Dans les ports de Sicile à peine descendu , Et de ses ennemis trompant l'aveugle rage , Procida jusqu'à nous s'est ouvert un passage.
ALBERTI
Et qui le garantit ? Qui peut l'assurer ?
PÉRALDO.
Moi.
ALBERTI
Garde-toi, Péraido, d'abuser de ma foi.
PÉRALDO.
Je l'ai revu, te dis-je , et c'est moi qui lassure. Tu connais la retraite impénétrable, obscure,
ia8 LES VÊPRES SICILIENNES.
Où sa main déposa les Testes précieux
Du prince encore enfant massacré sous ses yeux?
ALBERTI
Oui.
PÉRALDO.
Tout ici m'impose une juste contrainte....
ALBEBTI.
Achève; explique-toi. Parlons bas, mais sans crainte.
PàRALDO.
C'est là, dans ce lieu sombre, asile du trépas,
Qu'il dérobe aux Français la trace de ses pas.
C'est là qu'impatient de le voir, de l'entendre,
Sur un fidèle avis j'étais venu l'attendre.
Inquiet, agité, j'approchais du tombeau.
Soudain, à la lueur d'un triste et noir flambeau,
Brille à mes yeux le fer signal de la vengeance,
Le fer qui d'un ami m'annonçait la présence.
Procida reposait près du tombeau couché :
Au sommeil du héros mes cris l'ont arraché.
Comme il sut m'embraser de l'ardeur qui l'enflamme!
Il semble que l'exil ait agrandi son ame.
Tous ses projets bientôt nous seront dévoilés.
Déjà, quelques amis par mes soins rassemblés.
Et, se plaignant du jour trop lent à disparaître.
Se livrent à l'espoir que son retour fait naître.
ALBERTI
Procida ! liberté ! noms sublimes et chers !
Il vient ce jour heureux qui doit briser nos fers!
PÉRALDO.
Nous en verrons bientôt briller la douce aurore !