ACTE II, SCÈNE III. i
An peuple tlisputer les plus viles faveurs,
El demander du pain, même à nos oppresseurs î
ALBERTI
O ciel !... Et voilà donc à quelle ignominie Nous réduit des Français Taltière tyrannie !
PROCIDA
Ne crois pas mon orgueil en cela démenti...
Le pain qu'ils m'ont donné, c'est le nôtre, Alberti !
Que dis^je? à le gagner j'ai voulu me réduire :
D'un insensé tantôt simulant le délire ,
Ou maîtrisant le peuple , ami du merveilleux,
Sous l'aspect d'un bouffon fertile en mots heureux ;
Tantôt d'un astrologue imitant les pratiques,
Soumettant l'avenir à mes jeux fantastiques ,
Alberti, j'ai souvent, non sans témérité.
Provoqué des Français le rire et la gaîté.
Semant de fleurs pour eux les bords du précipice.
Ainsi plus d'une fois j'ai paru dans la lice
Où la mort , à ma voix prête à se déchaîner ,
La mort à pleines mains va bientôt moissonner.