ACTE m, SCÈNE VI
Si j avais soulevé des peuples et des rois ; Si partout, ranimant ce peuple qu'on opprime, Je TOUS avais conduits jusqu'au bord de Tabîme Où je n'ai plus enfin qu'à vous précipiter?... Eb bien ! oui , je l'ai fait, j'ai pu l'exécuter. De votre sang déjà la terre est abreuvée... Vous êtes tous à moi.... la Sicile est sauvée.
(Lh comf$ au beffroi qui , depuis le premier signal , ont élé sourds et p«i my icèéi , redoubteat «a oe rnooMOt Prooida fait un mouve- ■•■t vert les foaétt'i da pAbw, rnww pour y conduire Montrort.)
Viens... entends-tu les cris de la fureur?
O ciel !
MONTFORT
PROCIDA
Et ceux du désespoir ?
MOlfTPOBT, aMéré.
O mon roi !...
PBOCIDA.
Le cruel !
Il ne nous a laissé que la moisson du glaive; Eh bien î nous la faisons !... Palerme se relève... Et je pleure avec toi les maux qu'il nous a faiLs ! Tyrans de la Sicile êtes-vous satisfaits?...
MONTFORT
Soldats , voici l'instant de montrer votre zèle. Suivez-moi... courons tous oii l'honneur nous zppeïie !
PROCIDA
Arrête... en ce palais , qu'ordonnes-tu de moi P... Tu ne peux le quitter sans trouver devant toi La mort à chaque pas... C'est moi qui te la donne.
i64 LES VÊPRES SICILIENNES.
MOIITPORT.
Eh! qu'importe ma mort !...Ah ! je te la pardonne; Et rends malgré moi-même hommage à ta vertu !... Soldats... vaincre ou mourir !...
(à Procida.)
En ces lieux , détenu , Tu connaîtras bientôt ma victoire ou ma chute. Adieu.
(Les sons du befTroi continuent. On entend confusément les cris des victimes et des meurtriers.)