ACTE III, SCÈNE IX
A U piti^ mon cœur était fermé pour eux... Mais DesporceU au sein de ce carnage alTreux... Mais tant de sang versé , mais surtout la victoire Ont en moi réveillé Taniour d'une autre gloire. DesporceU au trépas n'était pas réservé : Vous lavez défendu , c'est moi qui l'ai sauvé.
DBSPORCBLS.
J'ai peine à m expliquer cet excès de clémence , Et puis voir un affront dans cette préférence. Ai-je trahi mon roi , mes frères , mes amis ? Les ai-je abandonnés ?... Vous vous êtes mépris Si vous lavez pensé.
PROCIDA
Nous te rtMiilt»ii> justice.
Ah! quand j'ai commandé cet affreux sacrifice, Il n'est aucun de nous dont le cœur n'en gémît.
DESPORCELS.
Suis-je libre ?
PROCIDA
Sans doute.
DESPORCELS.
Adieu donc... il .siitln.
PROCIDA
Nos respects te suivront... Ton roi seul est coupable, Et du sang répandu je le fais responsable.
DESPORCELS.
Ah! j'en accusé Rome...
PROCIDA
Accuse aussi ton roi!...
Vainement tu voudrais l'excuser devant moi :
i68 LES VÊPRES SICILIENNES.
Aux malheurs de son peuple il était insensible ;
Et Dieu lui réservait ce châtiment terrible.
Hélas ! en ce moment, tout vainqueur que je suis ,
J'ai besoin de penser que tu m'as bien compris.
J*ai vengé mon pays, tu voulais le défendre j
Et je sens que nos cœurs étaient nés pour s'entendre.
Oui, la Sicile en toi perd un grand citoyen ;
Ton destin , Desporcels, est plus beau que le mien.
Charles fut un tyran qui méconnut ton zèle ;
Il ne méritait pas un sujet si fidèle.
En vain tu le défends... peut-être le dois-tu...
Dis-lui que nous savons honorer la vertu ;
Dis-lui, si tu le veux, que sa fureur impie.
Dans la postérité déjà nous justifie ;
Que des tiens, malgré moi, j'ai fait couler le sang...
Heureux, si je le puis, d'épargner l'innocent.
(se tournant vers les conjurés.) Siciliens !... amis !... poursuivons la vengeance ; Et du règne des lois cimentons la puissance.
Fin DU TR018lkllfi KT DJ-:RM£R ACTB.
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