LE GRA^D-PRÊTRE
Et vous-même, osez-vous, au mépris de nos lois. D'un ministère saint méconnaître les droits ! L*osez-vous, répondez, dans ce lieu redoutable, En ce palais souillé d'un meurtre épouvantable , Où du fils de Tliyeste, en vos pièges surpris. Du sein de ce tombeau nous entendons les cris! Jour à jamais affreux de deuil et de vengeance. Où Thyeste à vos coups s'est livré sans défense ; Où d'un fils au berceau promis à son amour, Ce père malheureux fut privé sans retour! Ah! je le vois encore... Il vient seul et sans suite : Ignorant les forfaits qu'en ces lieux on médite. Il y cherche des yeux son fils infortuné, Cet enfant que déjà le fer a moissonné. Criminel héritier des fureurs de Tantale, Vous armez votre main de la coupe fatale ; Et tout souillé d'un sang qui vous est odieux,
4o I^KS PKLOPIDES.
Vous l'oft'rez à Thyeste, au nom sacré des dieux. Par un prodige affreux la terre consternée, Et du jour et des dieux se croit abandonnée. Tout s'émeut à l'aspect d'un attentat si noir : Seul, insensible aux cris d'un père au désespoir. De la pitié votre ame étouffe le murmure.... Peuple ! vous frémissez de cet affreux parjure ! Roi qui l'avez commis , vous êtes sans remords ! Contre un frère accablé redoublant vos efforts, Vous achevez sur lui quarante ans de misère.... D'un long ressentiment rien ne peut vous distraire; Et poursuivant un prince, à vivre résigné, Votre haine se plaint de l'avoir épargné !
ATBÉE.
Des dieux que nous servons, j'honore la puissance;
Mais avant qu'un sujet né pour l'obéissance.
Ose me désigner à leur courroux vengeur,
Qu'il sache de mon rang mesurer la hauteur !
Est-ce à vous d'avilir en moi le rang suprême !
Est-ce à vous d'exciter, d'armer contre moi-même
Un peuple trop heureux d'implorer mon appui ,
Et qui n'est rien sans moi , quand je suis tout sans lui!
Un rigoureux devoir le condamne au silence :
Qu'il approuve ou qu'il blâme en secret ma vengeance,
(1 doit la respecter, la craindre... et me servir.
LE GRAND-PRÊrRE.
Kl vous, craignez les dieux aripés pour vous punirl
ATRÈB.
Moi, cnûndre !
Al.lK 11, bUL.Nh II. 4i