‹ Études littéraires et morales sur HomèreChapitre 113 sur 138 · Voy. Stace, Thfl)., lib. VI, y. 607 sqq · texte numérisé non relu

Voy. Stace, Thfl)., lib. VI, y. 607 sqq

Le combat singulier à la lance n’ofîre rien de particulier. C’est comme une image des luttes du même genre qui s’engagent si souvent dans l'Iliade. Il rappelle le combat de Ménélas et de Péris au troisième livre, celui d’Hector et d’Ajax au sixième, celui de Patrocje et d’Hector au seizième et enfin, le combat d’Achille et d’Hector au vingt-deuxième chant. Nous ne le mentionnons donc que pour mémoire.

Dans le jeu du disque, qu’Homère décrit ensuite, c’est l’instrument du jeu qui sert en même temps de prix. C’est un immense bloc de fer qu’Achille avait enlevé autrefois de la ville de Thèbes, en Cilicie, après qu’il l’eut prise d’assaut.

« Celui qui sera maître de ce bloc, dit Achille, pour « encourager les concurrents, de quelque étendue que « soient ses champs fertiles, il aura du fer à son usage « pendant cinq années entières ; ni son pâtre, ni son « laboureur, s’ils manquent de fer, n’auront besoin « d’aller à la ville prochaine. Ce bloc leur en fournira « amplement 1 . »

Quatre compétiteurs se présentent. Ils soulèvent uccessivement le bloc, et successivement le lancent dans l’air. Le vigoureux Polypétés est celui qui le fait rouler le plus loin, et il demeure par conséquent vainqueur.

Il y a dans tout ceci plus d’un trait de mœurs à relever. Ainsi, dans ce jeu, on n’avait pas seulement en vue le beau, mais encore l’utile. Ainsi, à cette époque déjà, on employait le fer pour le labour. Le soc de la charrue et les instruments aratoires étaient faits avec ce métal. Alors donc l’agriculture florissait;

et alors aussi, comme on l’a remarqué à ce sujet 1 , des marchés se tenaient dans les villes où venaient s’approvisionner les habitants de la campagne, puisque Achille dit que le pâtre, le laboureur ou le propriétaire de ce bloc auront du fer à leur usage pendant cinq ans, « et n’auront pas besoin d’aller dans la ville prochaine. »

Reste le dernier jeu, celui où doit briller l’habileté des archers. Homère, à cette occasion, va déployer beaucoup de grâce.

Achille fait dresser un mât au milieu du sable. Au bout de ce mât, on attache par le pied et avec une lélégère corde, une tremblante colombe. Dix cognées à double tranchant seront données à celui qui frappera l’oiseau lui-même; celui qui n’atteindra que la corde n’obtiendra que dix cognées simples.

Il dit : '«■ Le roi Teucer et Mérion, le noble écuyer « d’Idoménée, se lèvent à l’instant; ils agitent les sorts « dans un casque d’airain. Teucer est le premier que « désigne le sort. Aussitôt il lance sa flèche d’une main « vigoureuse, mais il ne promet pas à Phébus de lui « immoler une hécatombe d’agneaux premiers-nés, et « il ne touche point la colombe, car Apollon lui porte « envie ; il atteint la corde du pied par laquelle la co- « lombe est attachée, et la flèche amère coupe la corde « en deux. La colombe prend son essor dans les cieux « et la corde flotte vers la terre. Tous les Grecs ap- « plaudissent. Mérion alors se hâte d’enlever l’arc des « mains de Teucer, car il tenait déjà la flèche, toute « prête à la lancer. A l’instant il promet à Phébus de « lui immoler une hécatombe d’agneaux premiers-

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