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encore de Paula, cette fille des Scipions qui, préférant Bethléem à Rome, aima mieux nourrir les indigents et veiller près du lit des malades que goûter les hommages du monde et briller parmi ses splendeurs.
Jje paaéffyriqae •« iM^yea âge et après Im Rénal»aanee. — Tel fut l'héritage que devait recueillir le siècle de Louis XIY. Mais avant Favènement des noms glorieux il nous faudrait traverser la période ingrate qu'affligèrent les épreuves d'une société dont les éléments féconds s'organisaient comme au sein d'un chaos.
Pour nous en tenir à l'objet qui nous occupe, nous aimerions à dire un mot de saint Bernard et des plaintes mystiques inspirées à ce belliqueux apôtre par le regret d'un frère chéri (In obUu domini Humberti, monaeki Ckirœvallemis ; sermo, 1066). On pourrait citer aussi le sermon naïf que Robert de Sinceriaux versifia sur l'héroïque trépas de saint Louis, le roi Us plus preudamme et le plus droiturier. Nous rappellerions encore l'éloge que Tévêque d'Auxerre fit entendre, devant Charles Y, dans la basilique de SaintrDenis, aux funérailles du connétable du Guesclin» Quant au xvi^' siècle, on y verrait figurer des orateurs funèbres, tantôt .ouvrant le paradis à l'âme de François !«■, comme Pierre du Catel, évéque de Mâcon, non sans paraître téméraires aux docteurs de Sorbonne ; tantôt célébrant les malheurs de Marie Stuart et sa fin tragique, comme Claude d'Ëspence et Renaud de-Beaune; ou bien fêtant l'immortalité de Ronsard, comme le cardinal du Perron; ailleurs jouant un rôle factieux parmi les violences des guerres civiles, comme ce Pierre Pigenat, curé de Saint-Nicolas-des- Champs, qui osa prêter ces vers parodiés des imprécations de Didon, à la duchesse de Guise :
Exoriare aliquis nostris ex ossibus ultor, Qui face Valesios ferroque sequare tyrannos!
{Que de nos ossements se lève un vengeur qui poursuive par le fer et le feu les tyrans Valois !) ; puis rivalisant de zèle, tels que Coeffeteau et Cospéan, et quinze autres, pour pleurer avec la France t le bon roi Henri » , frappé par un poignard qui blessait la patrie au cœur.
l'oraison funèbre en FRANCE AVANT BOSSUET. 367
Certes des occasions s'offraient en foule aux panégyristes. Mais, si Ton excepte quelques bons esprits, le cardinal du Perron, le père Sénault. supérieur général de l'Oratoire, Nicolas GruÙié, évêque d'Uzès, et Claude de Lingendes, qui échappèrent plus ou moins à la contagion environnante, la plupart des œuvres qui datent de cette époque font aujourd'hui sourire la critique par des défauts applaudis alors comme des beautés. Aux parodies macaroniques des Menot, des Maillard et des Barlet, avaient succédé l'étalage d'une érudition pédantesque, la confusion du profane et du sacré, le luxe des fausses couleurs, l'incohérence d'images disparates, bizarres ou triviales, en un mot une recherche de bel esprit qui compromettait par des jeux puérils le sérieux du ministère évangélique. Non seulement on citait pêle-mêle Pythagore et Moïse, Virgile et Salomon, Plutarque et saint Jérôme, Platon et Tertullien Aristote et les Prophètes, Homère et saint Paul — comme Arnaud Sorbin, évêque de Nevers, dans son oraison funèbre de Charles IX •>- ; mais dans les déclamations d'une prose indigeste s'entre^croisaient des épigrammes, des odes, des sonnets, des épitaphes et autres bagatelles si frivoles que la sévérité des conciles dut, mais en vain, proscrire ces fantaisies ridicules. Pour ne pas parler des plus obscurs, jugez-en par cet exorde d'un prédicateur en vogue, de Jean Camus, évêque de Belley, ouvrant ainsi son éloge du maréchal de Rantzau, à la date du 23 septembre 1650 : c Tant de vertus qui ont esclaté en luy ont esté comme cette myrrhe, cet aloès, ce benjouin, ce storax, cette cannelle et cet ambre dont le roy Prophète parle, qui s'exhale des vestements des personnes vertueuses.... Ce que fit matériellement la reine de Saba qui apporta tant de parfums en Jérusalem que les rues par où elle avoit passé en estoient toutes remplies, se peut dire moralement de ce grand homme que nous louons; et, tandis que notre jeune SaJomon a esté dans la couche de sa minorité, son nard a respandu tant d'odeurs dans tous les emplois dont il a esté honoré, que, comme la panthère laisse au repaire où elle a demeuré une nuit une suavité qui y dure tout le jour suivant, et, comme toutes les odeurs de l'Arabie se trouvent ramassées dans les cendres du lit, du nid ou du buscher du phénix, ainsi cet excellent per-
Ui BOSSUEt.
sonnage qui est venu fondre en nostre France, et y laisser ses os qu'il n'y avoit pas pris, après avoir remply les païs estran gers de Todeur de son nom, nous a laissé, par son exemple, de quoy mourir en Todeur de ses parfums par Timitation de ses vertus héroïques. » Écoutez encore cette apostrophe dédiée à la reine mère, avec privilège de Sa Majesté, dans un éloge de Louis XIII : « Quoy! corps précieux, souffrir jusqu'à estre rongé tout vivant des vers qui anticipent la proye de la morti vers •exécrables, que vous me faites d'horreur! vers favorables^ que vous insinuez d'amour dans mon cœur ! Je vous déteslç, petits criminels de lèse-majesté! On ne peut sans impiété toucher à un de ses cheveux, et vous succez la mouelle de ses os ! Je vous chéris, exécuteurs de la douce rigueur d'une amoureuse Providence. Cessez, cessez, las ! Il en est aux derniers abois. Achevez, achevez! Ah! la belle victime! d'un roy, un ver, qui crie au roy des roys : Ego vermis et non homo, » Voilà donc où en étaient les talents à la mode, aux environs du Discours de la Méthode^ au lendemain du Cid, d'Horace, de Cinna et de Polyeucte (1636-1643). Quelle distance entre ces prétentieuses misères et les préludes de Bossuet prenant enfin possession du domaine où il allait régner souverainement !
Réforme du genre. AirèDement de BossneC. — Dans l'intervalle, une réforme avait sans doute été préparée par de salutaires influences, entre lesquelles il faut compter celle de Pascal et de Port-Royâl. Mais, pour assurer la victoire au bon sens, il fallait qu'un maître inaugurât une tradition par la vertu de ses exemples, et que son génie surgit tout à coup comme un lever de soleil qui chasse la nuit et ses brouillards. Tel fut l'effet d'une parole dont les essais même, après quelques rapides tâtonnements, révélèrent jusqu'en leurs plus audacieuses saillies les prodrges d'un art déjà presque définitif.
Puisque Bossuet nous propose des modèles accomplis, indiquons les traits essentiels du genre qui, chez lui, tient à l'histoire par le récit des faits, à la politique par les jugements portés sur la conduite des personnages et les révolutions des empires, à la morale par la peinture des caractères, enfin à la religion par l'obligation constante de démontrer qu'elle est le tout de l'homme, c'est-à-dire le principe et la fin d'une destinée