‹ Études littéraires sue les classiques français des classes supérieures. Refondues, complétées et misés au courant des programmes officiels et des travaux les plus récentsChapitre 40 sur 334 · MŒURS FÉODALES : LA FORCE ET LE DROIT · texte numérisé non relu

MŒURS FÉODALES : LA FORCE ET LE DROIT

Alors les évêques bénissent les eaux,

Et mènent païens aux baptistères.

S'il en est un qui résiste à la volonté de Charles^

Il le fait pendre, occire, ou brûler.

Ainsi furent baptisés plus de cent mille,

Qui dcYiennent bons chrétiens; seule, la Reine est mise à part.

Elle sera menée captive en douce France;

C'est par amour que le Roi veut la convertir K

(V. 3661 sqq.)

La cruauté n'est pas moindre, quand Ganclon subit son châtiment ; on lui lie les mains et les pieds à quatre chevaux sauvages qui récartèlent :

Tous ses nerfs sont moult tendus,

Et tous ses membres de son corps s'arrachant,

Sur rherbc verte se répand le sang clair.

(V. 3910 sqq.)

Son supplice entraine même celui des trente parents qui sont venus au plaid pour le défendre :

Alors, lé Roi appelle un sien viguier, Basbrun :

- Va, pends-les tous à cet arbre de malheur, « Par cette barbe dont les poils sont chenus.

- S'il en échappe un seul, tu es perdu, tu es mort.

(V. 3952 sqq.)

Il est vrai que ces rigueurs s'exercent toujours au nom de la justice, et avec une sorte d'innocence. Cette constante préoccupation du droit est même un des traits les plus saillants de l'état social qui sert de cadre au tableau. Toutes les fois qu'une action guerrière s'engage, elle s'inaugure par des vers tels que ceux-ci :

Païens ont tort, et chrétiens ont droit.

Charles a droit contre la gent païenne. Dieu nous a mis à son vrai jugement.

Vous le savez : contre païens fai droit»

— Les Francs répondent : Sire, vous dites vrai.

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