‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 2)Chapitre 271 sur 337 · INTRODUCTION A CET EXAMEN · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A CET EXAMEN

ou LE VRAI SYSTÈME DE ROUSSEAU

Unité systématique de ses œu^TCs. — Avant d'aborder les œuvres de Rousseau, nous ferons une remarque générale, qui est de nature à en rendre la lecture et la critique plus courtes et plus claires : c'est que — les Confessions et autres opuscules mis à part, bien entendu — elles se subordonnent toutes à un dessein dont il importe singulièrement de faire ressortir l'unité.

« Toutes mes idées se tiennent, déclarait Rousseau dans VÉmile, mais je ne saurais les exposer toutes à la fois. » On n'y a pas pris garde, et c'est un point sur lequel personne ne lui a rendu justice, depuis Diderot, qui écrivait à Mlle Voland: « Rien ne tient dans ses idées s.

un grand peut-être, comme on disait jadis. Se trouva-t-il dans le cas d'une de ces souffrances physiques ou morales incurables, où Saint-Preux, comme les stoïciens, excuse le suicide? Sous une poussée aiguë de sa lypémanie dont certaines misères domestiques auraient été la cause occasionnelle, prit-il de la ciguë comme Socratc, auquel il se comparait, dans son l'or intérieur, dès le Biscoiirs sur les sciences et les arts"! Cela reste très possible, pour quiconque voudra bien lire de sang-froid, d'une part, l'argumentation contre le suicide, de M. Chcreau (Union médicale de 1867 et Bulletin de la Société de Paris et de l'Ile-de-France de 187ô), et celle du D' Cîiâtelain {la Folie de J.-J. Rousseau, Paris, Fischbaclier, 1890, c. ix), et, d'autre part, les arguments pour le suicide du D' Dubois {Bulletin de l'Académie de médecine, 18C6) et surtout le résumé si net de M. Alfred Bougeault {Étude sur l'étal mental de J.-J. Rousseau et sa mort à Ermenonville, Paris, Pion, 1883). 1. Cf. ci-dessus, p. 528.

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