‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 2)Chapitre 280 sur 337 · LA LETTRE SUR LES SPECTACLES · texte numérisé non relu

LA LETTRE SUR LES SPECTACLES

Études historique et littéraire.

Cîrcousiances de sa publication. — Au mois d'octobre 1757 avait paru, dans le septième volume de V Encyclopédie, l'article Genève ^ C'était relativement un grand article, quoique son objet fût petit, mais, disait l'auteur, c aux yeux du philosophe, la république des abeilles n'est pas moins intéressante que Ihistoire des grands empires ». Toutefois la curiosité dn philosophe avait été fort inégalement sollicitée par la république des abeilles, et, comme le fit spirituellement remarquer Rousseau, e la comédie qui n'est pas à Genève, et qui pourrait y être, tient la huitième partie de la place qu'occupent les choses qui y sont ».

C'est que d'Alembert voulait qu'elle y fût. Il était ardemment soufflé par Voltaire. Celui-ci qui louvoyait inquiètement de Genève aux Délices et de Lausanne à Tourney, en attendant qu'il jetât l'ancre à Ferney, s'ingéniait à faire jouer un peu partout la comédie avec des acteurs de rencontre — renforcés d'amateurs au besoin, — dont il ne pouvait pas plus se passer que d'air respirable. Or s'il avait pour complice en cette affaire toute l'aristocratie de Genève, les « Genevois du haut étage », il avait contre lui le Consistoire, le puritanisme des « AUobroges des rues basses », en attendant le plus terrible d'entre eux, Jean-Jacques.

Voici comment ce dernier fut amené à descendre dans la lice. Dans son article Genève, d'Alembert, pour émousser les censures du Consistoire touchant les spectacles chers à Voltaire,

1. On le trouvera dans l'appendice l de la Lettre sur les spectacles édi'.éo par M. L. Brunel (Hachette}.

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