‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 125 sur 193 · I. — Faits historiques · texte numérisé non relu

I. — Faits historiques

La trag^édle contemporalDe. Les sujets tares. Devan-

eiers de Raelne. — Après Bérénice et ses féminines langueurs, Bajazet fut un retour à la tragédie "virile, et d'autant plus hardi que Racine abordait un sujet contemporain avec une décision qu'il crut devoir excuser dans une de ses préfaces, en s'abritant sous l'autorité d'un ancien. « Le poète Eschyle, disait-il, ne fit point de difficulté d'introduire sur le 'théâtre d'Athènes la mère de Xerxès qui étoit peut-être encore vivante, et d'y peindre la désolation de la cour de Perse, après la déroute de ce prince*. » U aurait pu chercher plus près de lui ses exemples ; car, en frayant à la Muse tragique les voies du moyen âge, le Gid fut un glorieux initiateuT.

Ce n'était même pas la première fois que les Turcs figuraient sur notre scène. Parmi les prédécesseurs ignorés qui tentèrent cette nouveauté, nous citerons d'abord la Soltane de Gabriel Bounyn qui, en 1554, représenta la mort de Mustapha, étranglé par ordre de son père, Soliman le Grand*. Il y a là des chœurs mythologiques, et des musulmans qui jurent par les dieux païens. C'est l'enfance de l'art. Un siècle après, en 1630, le même événement inspira Le grand et dernier Solyman^ de Mairet*. Sans valoir Sophonisbe^ cette pièce a du moins une certaine verve dramatique, et des vers d'assez belle venue. Dans

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