La peinture à l'huile
. MOLIÈRE. a93
La parefise de rhuile, allant avec Ion leur, Da plus tarçlif génie attend la pesanteur....
Mais la fresque est pressante, et veut sans complaisance
Qu'un peintre s*accommode à son impatience,
La traite à sa manière, et d*un travail soudain
Saisisse le moment qu'elle donne à sa main.
La sévère rigueur de ce moment qui passe
Aux erreurs d'un pinceau ne fait aucune grâce :
Avec elle, il n'est point de retour à tenter,
Et tout, au premier coup, se doit exécuter.
Elle veut un esprit où se rencontre unie
La pleine connoissance avec le grand génie,
Secouru d'une main propre à le seconder.
Et maltresse de l'art jusqu'à le gourmander ;
Une main prompte à suivre un beau feu qui la guide,
Et dont, comme un éclair, la justesse rapide
Répande dans les fonds, à grands traits non lÀtés,
De ses expressions les touchantes beautés*.
Telleestsonexécutiongrandiose, et ardente, aussi prompte que sûre', étrangère aux timides retouches, enlevant l'œuvre de premier jet, d'inspiration, par cet irrésistible élan qui sait profiter de l'heure décisive où la rapidité du coup d'œil fait gagner la victoire. Delà cette franchise, parfois même cette crudité d'une langue hardie, passionnée, pittoresque, primesautiére, indépendante, toute populaire, et dont le relief, la couleur, et Topulence nous font penser a Villon, à Rabelais, à d'Aubigné, à Régnier, j'allais dire à Bossuet (car Molière a la même ampleur), à Saint-Simon (car il est son égal par l'imagination, et le surpasse par la science du choix ou de la mesure). Ne soyons donc pas surpris que la fine et mystique délicatesse de Fénelon n'ait pas goûté comme il convenait ces prodigalités d^une verve aussi éloignée de Virgile et de Térence, que la manière de Rubens ressemble peu à celle de Raphaël*. Mais si quelques