‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 3)Chapitre 173 sur 193 · Cependant ta visite, asseï insupportable · texte numérisé non relu

Cependant ta visite, asseï insupportable

Traîne en une longueur encore épouvantable; Et Ton demande l'heure, et l'on baille vingt fois, Qu'elle grouille aussi peu qu'une pièce de boib,

2. Alceste.

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Bref, les rôles finissent par être renversés : c'est elle qui daigne faire grâce, et encore ce pardon il faut Timplorer humblement; plus elle fut coupable, plus elle paraît clémente. Ici le souvenir de Tartuffe nous viendrait tout naturellement, si l'on ne craignait l'injure d'im si laid voisinage. Une des ressources de Gélimène n'est-elle pas d'atténuer les accusations en les exagérant, d'aller au-devant du danger, et de se charger de tous les crimes?

Oui, vous pouvez toot dire ;

YouB en êtes en droit, lorsque vous vous plaindrez, Et de me> reprocher tout ce que vous vous voudrez.... Oui, toute chose dit que j*ai pu vous trahir, Et qWenfin vous ava sujet de me haïr *.

Mais ne poussons pas trop un parallèle offensant. Elle est d'ailleurs assez punie par l'abandon qui la menace. Car les coquettes ont beau croire que c les années auront pour elles moins de douze mois ^ », ce désert qui effraye Gélimène se fera tôt ou tard autour d'elle, quand il ne lui restera plus qUe son esprit, mais désenchanté par les amertumes de l'isolement. Alors sa fin sera triste. Si nous voulons nous en assurer, regardons Arsinoé qui, dans sa jeunesse, dut être, elle aussi, une Gélimène ', mais d'ordre inférieur.

Arsinoé, ses stevrs. De la pruderie t ses ▼arlétés. — Dans la Critique de V Ecole des femmes^ Molière disait de la marquise Aramînte : « Bien qu'elle ait de Tesprit^ elle a suivi le mauvais exemple de ceÛes qui, étant sur le retour de l'âge, veulent remplacer de quelque chose ce qu'elles ont perdu, et prétendent quo I^^ grimaces dune pruderie scrupuleuse leur tiendront lieu de jeunesse et de beauté^. » C'est qu'en effet les prudes et les coquettes sont de même

i. Acte V, scène IV.

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