Le mot est- de Mme de Séyigné
2, VOrazia, la sœar d'Horace.
8. n est prononcé par les deux champions d'Alhe et de Rome. k. El Honrado Ermano.
38 GORNEfLLE.
qui pourraient aussi bien s'appeler don Gusman, don Pèdre et don Gromez. On y voit des femmes déguisées en cavaliers, une fille de sénateur que son père veut faire religieuse, un enlèvement, des scènes de comédie, ' et, pour dénouer toutes ces aventures, un mariage à l'espagnole.
Malgré ces bizarreries, il est pourtant probable que cet ouvrage eut l'honneur de suggérer à Corneille le drame dont il conçut Tidéé dès le 14 juillet 1637, comme semble le prouver un billet qu'il écrivit alors à Rotrou. Est-il besoin d'ajouter qu'entre les deux poèmes il n'y a guère d'autre ressemblance que la communauté d'une fable populaire et clastiique?
Quoi qu'il en soit, ce fut au commencement de 1640 que parut enfin l'œuvre promise pour l'hiver de 1637. La cause de ce retard n'était point dans les exigences de la lutte que le Cid dut soutenir contre ses ennemis. Car elle venait d'être officiellement close, le 5 octobre 1637, par une lettre que Boisrobert écrivit à Mairet, sur Tordre du cardinal. Mais à la suite de tant de disgrâces imméritées, CorneiUe se sentait pris d'un découragement profond, ainsi que l'atteste ce passage tiré de la correspondance de Balzac * :
« Corneille ne fait plus rien. Scudéry a du moins gagné cela, en le querellant, qu'il Ta rebuté du métier, et lui a tari sa veine. Je l'ai, autant que j'ai pu, réchauffé et excité à se venger, en faisant quelque nouveau Cid qui attire les suffrages de tout le monde ; mais il n'y a pas moyen de l'y résoudre, et il ne parle plus que de règles et que des choses qu'il eût pu répondre aux Académiciens, s'il n'eût point craint de choquer les puissances. »
Malgré de légitimes griefs, le poète n'en dédia pas moins sa pièce au cardinal ; et l'hommage fut même si louangeur que b ministre aurait pu voir dans l'exagération de l'éloge une sorte d'ironie, s'il n'avait été rassuré contre ce soupçon par son amour-propre, et l'ingénuité de celui qu'il venait de persécuter '.