U y eat treize représentations
à regretter ses escapades d'autrefois: car il y a de la froideur ou de la fadeur dans cette situation sentimentale, dont les épisodes n'éveillent pas la sympathie ou la curiosité du spectateur.
D'ailleurs ce roman n'est pas suffisamment égayé. Les traits plaisants, ou qui prétendent rètre, ne viennent plus que de Gliton et de ses lazzi parfois trop grossiers : car il s'est alourdi avec Tâge, et le gradoso se change en bouffon.
Ingénieux sans être assez comique, l'ensemble ne justifie guère l'éloge de Voltaire écrivant dans son commentaire: « Seroit-il permis de dire que œtte pièoe, avec quelques changements, feroit au théâtre plus d'effet que le Menteur même? » Bornons-nous à signaler une intrigue habilement conduite, et un style aussi net que facile. Parmi les passages dignes de mémoire, on peut citer la célèbre tirade sur la prédestination des cœnra. Ébauchée dans VlllvMon comique^ et reprise dans Rodogune^ elle rencontre ici son développement le plus poétique. Voici le passage:
Quand les ordres du ciel nous ont foits Tun pour l'autre,
Lyse, c'est un aecorfl bientôt fait que le nôtre :
Sa main entre les cœurs, par un secret pouvoir,
Sème rinteltigence avant que de se voir ;
Il prépare si bien l'amant et sa maîtresse,
Que leur ame, an seul nom, s'émeut et s'intéresse.
On s'estime, on se cherche, on s'aime en on moment :
Tout ce qu'on s'entredit persuade aisément;
Et, sans s'inquiéter d'aucunes peurs frivoles,
La foi semble courir au-devant des paroles :
La langue en peu de mots en explique beaucoup;
Les yeux, plus éloquents, font tout voir tout d'un coup ;
Et, de quoi qu'à l'envi tous les deux nous instruisent.
Le cœur en entend plus que tous les deux n'en disent.
Terminons cette esquisse en rappelant qu'à deux reprises, en 1803 et en 1810, M. Andrieux eut l'idée de remanier cette comédie, surtout les deux derniers actes qui sont très inférieurs aux deux premiers. li&lgré des détails heureux, cette tentative obtint à peine un succès d'estime. Ce fut Terreur d'un homme d'esprk. Nous «en cou-
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durons que ees sortes de retouches sont presque toujours une témérité. Si le Menteur eut une suite, il faut la chercher dans Molière: