II. — Étude littéraire
Imitation déelamatolre et romanesque. Racine diselple de Corneille. Les caractères. — Il no faudrait pas en effet croire sur parole la préface où, parlant de Sénèque avec un extrême dédain, Racine se flatte de n'avoir suivi que les traces d'Euripide. Disons plutôt qu'il défigure étrangement son modèle. Sans le prouver par l'analyse détaillée d'une action d'ailleurs asse^ régulièrement conduite, signalons-y du moins des tendances déclamatoires et des couleurs romanesques, dont le goût procède bien plus de Rome que de la Grèce. Les deux frères sont métamorphosés en fous furieux qui meurent sans nous coûter une larme. La sottise de Créon égale sa noirceur, et ses soupirs amoureux le rendent grotesque. Par la froideur d'une fade galanterie, Hémon et Antigène perdent aussi le charme qui s'attache à la jeunesse et à l'infortune. L'inexpérience d'un débutant se trahit encore par une effusion de sang qui impatiente, au lieu d'émouvoir. Oui, le jeune poète est sans pitié. Il condamne à mort tous ses héros, même l'invisible Ménécée. G* est à peine s'il fait grâce aux confidents. En résumé,