‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 4)Chapitre 179 sur 344 · Entre autres, les chapitres xxvd et x.wiii · texte numérisé non relu

Entre autres, les chapitres xxvd et x.wiii

lesse, il prenait plaisir à se faire relire ces pages de prédilection. Tel ne fut pas le sentiment de l'avenir; car des lecteurs laïques sont plus à l'aise dans cette troisième partie qui a pour titre la Suite des Empires, et où Bossuet retrouve un peu tardivement des voies qui nous sont enfin accessibles. Ce n'est pas sans un certain regret qu'il redescend ainsi sur la terre; car il a quelque peine à se dégager des visions prophétiques dont il était comme ébloui. Il lui faut donc un effort pour consentir à démêler des causes naturelles au-dessous de la cause première qui décide tout. On s'en aperçoit trop dans un exorde qui, servant de transition entre la théologie et la politique, est encore un sermon sur la Providence '.

Pourtant, bien que prévenu par le dessein de faire aboutir au christianisme toute l'histoire du monde ancien, il finit par se résigner à concilier le dogme de l'omnipotence divine avec le respect de la liberté humaine. Tout en réservant au Roi des Rois les occasions extraordinaires où son bras s'atteste par des coups de foudre, il ne fera donc plus appel qu'à la prudence et au bon sens, pour expliquer en moraliste la grandeur ou la décadence des nations. C'est ce qu'annonce cette proposition du discours : « A ne regarder que les rencontres particulières, la Fortune semble seule décider de l'établissement et de la ruine des Empires; mais, à tout pi^endre, il en arrive à peu près comme dans le jeu, où le plus habile l'emporte à la longue. En effet, dans ce jeu sanglant où les peuples ont disputé de l'Empire et de la puissance, qui a prévu de plus loin, qui s'est le plus appliqué, qui a duré le plus longtemps dans les grands travaux, et enfin qui a su le mieux ou se pousser ou se ménager suivant la rencontre, à la fin a eu l'avantage, et a fait servir la Fortune même à ses desseins. »

Par ce côté, le libre arbitre commence à recouvrer ses droits un instant méconnus, et la conduite des événements ne nous

1. « Dieu apprend aux rois ces deux vérités fondamentales : premièrement que c'est lui qui fonno les ro3'aumes pour les donner à qui il lui plaît; et secondement qu'il sait les faire servir, dans les temps et dans l'ordre qu'il a résolu, aux desseins qu'il a sur son peuple. C'est ce qui doit tenir tous les princes dans une entière dépendance, et les rendre toujours attentifs aux ordres de Dieu, afin de prêter la main à ce qu'il médite pour sa gloire, dans toutes les occasions qu'il leur en présente. »

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