‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 129 sur 244 · LES PREMIERS SERMONS · texte numérisé non relu

LES PREMIERS SERMONS

bond comme sur des cimes escarpées où I'od côtoie l'abime : on frémit, on a le vertige; mais le péril passe, et l'on se trouve tout h coup charmé soit par des strophes pleines d'allégresse, Boit par une fraîcheur d'émotion où déborde une sève printa-

Cette surabondance de l'Age se manifesta jusque dans l'emploi des textes saints qu'il commente avec une sorte de délectation. Quand il use des termes de l'ApAtre, non seulement il donne à sa traduction un puissant relief, mais il les paraphrase k outrance. Jugeons-en par cet exemple : t Jésus, dit l'Écriture, appréhenda la nature humaine. Elle s'enfuyait, eUe ne voulait point du Sauveur. Qu'a-t-il fait? Il a couru après d'une course précipitée, sautant les montagnes. Il a couru comme un géant h grands pas et démesurés, passant en un moment du ciel à la terre. Là, il a atteint cette fugitive nature. Il l'a saisie, il l'a appréhendée au corps et à Vàme. > C'est avec la même plénitude vraiment lyrique qu'il interprète la prophétie où le Deutéronome annonçait les ruines fumantes de Jérusalem. Alors il se compilât à la tourner et retourner dans tous les sens ; il s'acharne & en dérouler les conséquences; il la suit pas à pas, l'accompagnant de ses cris d'aigle; il conduit comme par la main l'empereur Tite devant la ville condamnée; puis, quand elle est bien emprisonnée par l'assiégeant, quand nul ne peut échapper, * comme un loup aiïamé pour chercher sa nourriture >, il triomphe de cette agonie, il contemple avec joie les angoisses du désespoir, les tortures de la famine, l'incendie, la peste, le pillage, le meurtre, enfm la dispersion de la race entière dont il étale sous les yeux du monde « les membres écartelés >. Il va jusqu'à l'anathème dans ce sermon qui est un de ceux sur le brouillon desquels on Ut : prêché contre Us Juifs : * Peuple monstrueux qui n'a ni feu, ni lieu, sans pays et de tous les pays : autrefois le plus heureux du monde, maintenant la fable et la haine de tout le monde, misérable sans être plaint de qui que ce soit, devenu dans sa misère, par une certaine malédiction, la risée des plus modérés. •

Ces violences et cette fougue de peinture appliquées à la Bible, à l'Évangile ou aux Pères de l'Église sont un des traits qui caractérisent le premier essor de Bossuet. Dans cette prodi-

galité de citatioas eotre la ferveur d'un néophyte qui parfois se souvient trop de l'école, et est comme enivré par la doctrine : celle ébriété sacrée ce permet pas encore au théologien la mesure qui convient à un auditoire mondain. Plus tard il ne sera pas moins soucieux d'invoquer l'Écriture sainte ; mais elle va devenir Ka substance, et ses emprunts paraîtront sobres, parce qu'ils ne se distinguent plus guère de sa propre parole. Ajoutons que certains discours appartenant à cette période provinciale ont l'air dominés par des habitudes scolastiques : les procédés de composition ue sont pas toujours sans des artifices sensibles ; les cadres pourraient bien avoir élé tracés d'avance, et transmis par tradition. Tel est par exemple le sermon sur la Passion, prêché à Metz, dans le carême de 1655 ou 1656. Bossuetle divise en trois points, et démontre que Jésus-Christ a élé tourmenté 1" par lui-même, 2" par les créatures, 3" par son Père. Puis il analyse subtilement chacun de ces motifs. Ce n'est point encore l'ampleur, l'aisance et la liberté de ces plans qu'il saura distribuer avec une logique si naturelle et si lumineuse. A une imagin&tion qui lire du merveilleux chrétien des ressources poétiques, et rend toutes les pensées visibles et palpables, à des mouvements impétueux qui rappellent l'inspiration lyrique, jt l'analyse enthousiaste des textes sacrés s'associent encore, dans ces rapides ébauches, les audaces d'un style qui dut effaroucher d'alMjrd les pusillanimes; car son indépendance native est d'autant plus aventureuse que l'inspirateur préféré de Bossuet fut alors Terlullien, c'est-à-dire le plus ardent, le plus énergique, mais aussi le plus subtil des docteurs et le plus barbare, après saint Cyprien, dont il s'inspire aussi volonti^^. En attendant que la pratique de saint Augustin mitigé cette influence et en amortisse les effets, il faut s'attendre aux saillies d'un novateur qui n'a pas trouvé son équilibre.

La langue de ces premiers sermons est aussi plus ancienne que celle dont usera l'orateur de Louis XIV. Parfois énei^que et brève comme le verbe d'un Corneille, elle n'évite pas toujours les locutions triviales. Elle a des formes surannées, celleci, par exemple ; c Encore que nous fassions semblant d'être chrétiens, si est-ce néanmoins que nous n'èpai^nons rien... ». Elle sent l'archaisme, notamment lorsqu'il est dit que la mine

SES SERMONS DE PARIS : PROGRÈS DE SON GOUT. 345 de JéruBalem < doii servir de mémorial èi siècles des siécUs >. Ailleurs elle est bien contemporaine de Pascal par son tour latin et sa rude concision. Ne croirait-on pas lire une des Pensées, quand on rencontre ce passage : » Car enfm ne vous , persuadez pas que Dieu vous laisse rebeller contre lui des siècles entiers : sa miséricorde est infinie, mais ses effets ont leurs limites prescrites par sa sagesse. Elle qui a compté les étoiles, qui a borné cet univers dans une rondeur finie, qui a prescrit des bornes aux flots de la mer, a marqué la hauteur jusqu'où elle a résolu de laisser monter vos iniquités. > Les mots qui lui manquent, Bossuet n'hésite pas à les créer de vive force. Il dit que les bienheureux ont la chair angélisée- Il est vrai qu'il traduit alors Tertullien. Ailleurs il y a des fleurs un peu fanées qui viennent de l'Hôtel de Hambouitlet. Nous lisons, par exemple, * l'àme angoissée • [angustatur, saint Augustin). Les hypocrites sont appelés < des abuseurs publics >. Plus loin, il est dit : • il adultère les ouvrages de Dieu > ; c ce Dieu' soulé d'opprobres *. Plus tard ne disait-il pas encore à la sœur Comuan, en Ini prêchant la fréquence de la communion : ( Engloutissez, saoùlez-vous •! Mais ce qui prévaut, en dépit des écarts, c'est la majesté d'une parole qui va dominer les âmes. Période de Parla (leES'ieiO). BossMt se dlBclpll>e, ■■BncBce d« la aoclélé palle. ABcendaat de Lftmta SIV. — Quand il a quitté Metz pour Paris, l'action de ce milieu se manifeste bientôt. Ilyeutpourtantencore une transition dans ce développement. On peut signaler une année d'hésitation (1659), celle où il fut tenté de suivre les exemples de saint Vincent de Paul, dont il était le disciple. Sous l'inlluence d'un tel maître, il faillit renoncer h des ornements qu'il jugeait trop profanes, et mortifia sa parole, pour la rendre plus évangélique. Mais il comprit bientôt qu'il fallait faire des concessions au goût du monde, dans l'intérêt même de la doctrine.

11 semble dès lors vraiment qu'il ait passé d'un climat à un autre. Les vieux vocables tombent peu à peu, comme des feuilles mortes. Les couleurs cnante= se tempèrent. A des expressions trop populaires se substitue cette familiarité qui ne reculera pas I devant les ^orieuses bassesses du christianisme >, mais les relèvera toujours par la magnilicence de l'idée ou de la

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fierté triomphale du seatimeat. Cette période, qui compreadra une dizaine d'années (1639-1670), il l'inaugure par le panégyrique de saint Paul, qu'il prêcha probahlement le 39 juin 1659, à l'Hôpital général (aujourd'hui la Salpêtrière), qui Tenait d'être fondé, et avait besoin d'étro soutenu par la charité publique. Jamais il ne se montra plus tendre, plus véhément, plus éviuigélique. Eu célébrant l'apôtre qui « ne cherche pas à flatter les oreilles par des cadences harmonieuses!, ni à «charmer les esprits par de vaines curiosités •, mais ■ persuade contre les règles, captive les entendements, et porte ses coups droit au cœur », il nous découvre, sans le vouloir, un des secrets de son propre génie '. Uais, tout en se proposant l'idéal de la primitive Eglise, il comprend aussi les nécessités d'un autre âge, et ne refuse pas de reconnaître que « les dégoûts des délicats » peuvent contraindre l'orateur * à chercher des ornements étrangers >, dans l'intérêt même de la vérité. Les fleurs de TélocuLion, il les tolère donc, mais pourvu que le discours < les entraine après lui par sa propre impétuosité *. N'est-ce pas faire la poétique du genre où il est déjà passé maître?

Oui, afin d'être efficace, Bossuet va, comme tout grand orateur, s'accommoder de plus en plus aux convenances d'un nouvel auditoire. Bien que ses origines soient antérieures à Louis XIV, son plein épanouissement n'éclate qu'à partir du

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SES CHEFS-D'ŒUVBE DE SEHMONNAIBE. a47

jour où le voisinage de I& société polie lui conseille de ne rien forcer, et lui devieDt un de ces avertissements dont le génie luimême a besoin pour produire tous ses fruits. Le commerce du monde polira son langage sans l'énerver. 11 n'usera plus de ces termes qui pouvaieut offenser les ombrageux. 11 n'osera plus dire celte canaille, en parlant des valets du grand prêtre, et des soldais de Pilate. Mais, s'il s'épure autant qu'il te faut, il ne s'appauvrit point, car il est de ces vaillants que fortifie la discipliae; et tout ce que perd sa fantaisie, sa raison le ga^e. U sera donc un des exemples de l'ascendant exercé par la personne même de Louis XIV sur tous ceux qui t'approchaient. Cette auguste présence lui fut un encouragement et un aiguillon en même temps qu'un point d'appui. Il n'aurait pas eu ta même assurance sous ta Fronde.

Admis à parler devant un prince qui, de l'aveu de tous, eut tant de rectitude et de justesse, il sentit le bienfait de ce bon sens régulateur, et s'imposa la proportion, ta bienséance, la réserve, c'est-à-dire des mérites qui contribuent k l'autorité morale. Si, dans cette longue série de sermons dont les dates ne sont pas encore délinitivement établies, vous voulez mettre la main sur un chef- d'œu vie, cherchez donc d'abord ceux dont il est dit : Prêché devant le Roi; cette épreuve est infaillible. Lisez par exemple les sermons sur la Providence (prêché au Louvre, 8 ou 10 mars 1662) et sur la Mort (le 24 mars 1663), ~ ses deux thèmes favoris, les deux pôles de son éloquence — .

A mesure qu'il entre ainsi de plus près dans lés réalités de ta vie, son austérité s'adoucit par la pratique des hommes, mais sans que les principes fléchissent et que te désir de plaire fasse tort à la vertu de l'enseignement. Car Bossuet ne fut jamais un uasuiste qui capte la faveur des puissants ; témoin les mémO' râbles sermons prononcés sur l'Ambition (19 mars 1663) chez les Minimes, l'Honneur du monde (21 mars 1660) devant Condé, ou l'Amour des plaisirs (28 mars 1666) à Saint-Germain. En face de la Cour et du Boi, il cherche & prévenir l'idolâtrie prochaine, et ne craint même pas de montrer, par l'exemple d'un Nabuchodonosor, c ce que peut faire dans le cteur humain cette terrible pensée de ne voir rien sur sa tête •. Toutes les grandes idées qui rappellent à l'orgueil tes extrémités néces-

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saires des choses humaines, il les vit donc du premier coup

d'œil, et les exprima d'une façon souveraine.

Deraièr« période, toal« paalorale (<S1«-i704). —Après avoir effacé tous ses rivaux, il eût gardé le sceptre, si d'autres devoirs n'avaient réduit sa voix au silence. Dès lors, on ne l'entondit que dans les heures solennelles où il fut l'oracle du clergé gallican et fêta quelque mort retentissante. En dehors de ces rencontres, il échappe du moins & la critique : car, de 4670 à 1704 ', il ne rédigea plus guère les exhortations où iJ réservait au.v humbles < les restes d'une ardeur > qui ne s'éteignit jamais, comme l'atteste cette page de l'abbé Ledieu : € Le 2 avril 1702, M. de Meaux a assisté à la grand'messe, pour commencer le Jubilé; et, sur les deux heui'es, il a fait un grand sermon dans sa cathédrale. Ce discours était très tendre, et M. de Heaux l'a prononcé avec toutes ses gr&ces, et aussi aVec une voix nette, forte, en sorte qu'on l'a aisément entendu jusqu'aux portes de l'Église. Chacun se réjouissait de lui voir reprendre sa première vigueur. Il est sorti de chaire sans ftucune fatigue, et néanmoins par précaution s'est mis au lit jusqu'au soir pour se reposer. Chacun l'est venu voir en sa chambre, i Il avait alors soixante-quinze ans. Cette journée pastorale ne nous montre-t-elle pas au naturel la vieillesse d'un génie qui n'eut pas de déclin?

La Ihéslftgle de B»s«aet. Llatcrprète phllaaophlqae ta doBin«. EMttaDD«lasin« du docteur. Foi ImlBvable, lapérleiue. — Voilà une fin digne de celui qui disait : t Les prédicateurs doivent monter en chaire dans le ^nême esprit qu'ils vont à l'autel, pour y célébrer un mystère, et on mystère semblable à celui de l'Eucharistie ». Oui, le dogme est l'essence de ses discours, et jamais la France ne vit une àme plus sacerdotale. A ce signe on reconnaît l'esprit du temps oi'i les mondains eux-mêmes n'étaient pas indifférents aux questions théologiques. Mais nul autre aussi ne fut plus capable de forcer au moins l'attention des rebelles; car sa doctrine n'a point les sécheresses d'un docteur. Elle procède moins par la dialectique et le

1. Voyœ, dansl'dditioadsM. Bruneii*r«(Di(lot], les sermons snr la Profesaion de Mme de la Vallière (16T5), snr la Cireoiicirion {1887), satiaFêle âeNofl (1691). 6ar VOelave da Sainl-Sacremenl (ITIH).

ut DOQME dans ses SERStONS. 34d

raisoDnement que par des éclairs d'intuition et des élans d'enthousiasme. Il lenle l'insondable avec une sorte d'héroïsme. Écoutez-le s'écriant : « 0 largeur! 6 profondeur! ô longueur sans bornes et inaccessible Hauteur i pourrai-je vous renfermer dans un seul discours? Allons, mes frères; entrans dam cet abime de gloire et de majesié! Jetons-nous avec confiance sur cet Océan'. > Tantôt il regarde ainsi le mystère en face, et, comme dit M. D. Nisard, « se porte impétueusement an plus épais des saintes obscurités >, en soldat courageux qui se lance dans la mêlée ■ < tantôt il s'arrête ébloui, contraint de baisser la vue, et demande à remettre ses sens étonnés •. Ailleurs il décide impérieusement, par autorité, comme un prophète qui a reçu les confidences de Jéhovah. Parfois, si les preuves manquent, cette impuissance même se tourne enmotifsnouveauxdecroyance ou d'émotion religieuse. S'il ne transforme pas ces ténèbres en lumière, il sollicite une inquiétude généreuse par l'exemple d'une haute raison qui s'humilie. Le plus souvent, il commence par démontrer rationnellement un principe, avant de le confirmer par l'Ecriture; mais, alors même, les arguments n'ont rien de didactique : ce sont plutôt les mouvements d'un cœur que la contemplation de la vérité toute pure ravit et transporie. Un dirait qu'il tient la lyre de David, et chante dans la nuit.

Plus il s'élève vers l'infini, plus il se sent à l'aise dans ces libres espaces où se déploie le vol de sa pensée. Alors l'abstraction prend corps et âme. 11 a des images pour exprimer ce que l'œil ne peut voir, des harmonies pour traduire ce que l'oreille ne peut entendre ; et, parmi ces méditations d'une conscience, rien de subtil ou de rafllné. La raison est présente jusque dans l'oubli qu'elle fait d'elle-même ; et le philosophe parait encore jusque dans les occasions où il avoue son ignorance avec une simplicité d'enfant.

Cette obéissance qu'il pratique et qu'il commande ne lui coûte aucun sacrifice ; car il n'a jamais éprouvé ni les rêveries de Fénelon, ni les transes de Pascal, ni les curiosités ambitieuses de Malebranche. 11 est évident que du premier au dernier jour il a cru, naturellement, et d'une foi immuable, à une révélation dont il est l'interprète et le ministre, presque au même titre que les ÀpAtres, auxquels l'unissent d'évidentes affinités. Il a le

droit de dire comme eux : t Mon Évangile, mon Deutéronome, mon mailre, mon Dieu >. N'est-il pas, comme eux, l'Homme du Très-Haut, et son Lévite par excellence? Aussi leur langage estil le sien, et nul ne s'étonne qu'il les égale, ou même qu'il les surpasse.

Le moraliste prnllqae. Le dlreeteop dea eonseieHee«. Mesare. FraBeMse et eonrmce. La vériM dite «nx (randst à la eoar, av roi. DIscréMaa «t liberté. ~ Bien que Bossuet soit théologien par amour de la théologie, cependant il vise à la pratique, car il estime que les vérités ne sont pas « des meubles superflus, mais des instruments nécessaires qu'il faut avoir toujours sous la main, parce qu'on en a toujours besoin pour agir >. Il dit ailleurs : < Ne combattez pas les doutes par des raisons, ni par des disputes, mais par des œuvrn ».

11 veut donc avant tout convertir des âmes. Sa parole est un exercice de charité; elle éclaire les intelligences, pour gouverner les cœurs. « Mes frères, s'écrie-t-il avec cet accent pratique qui sonne si souvent et si haut chez lui, faites pénitence tandis que le médecin n'est pas encore à vos côtés, vous donnant des jours et des heures qui ne sont pas en sa puissance, et toujours prêt à philosopher admirablement de la maladie après la mort. Que la pensée du salut vienne de Dieu et non de la fièvre, de la raison et non du trouble, du choix et non de la contrainte. • JI serait inique de le regarder comme un moraliste impitoyable qui propose un idéal inaccessible. Son bon sens connaît trop la faiblesse pour ne pas proportionner le remède au mal, et la leçon aux courages. U est trop soucieux de produire une action salutaire pour épouvanter les pénitents. U censure également tout excès de rigueur ou d'indulgence, et ne veut ni rétrécir, ni élargir les voix de Dieu ; * 11 a pris à quelques docteurs une malheureuse et inhumaine complaisance; une pitié meurtrUrc, qui leur a fait porter det coussins sous les coudes des pécheurs, chercher des couvertures à leurs passions, pour condescendre à leur vanité, et flatter leur ignorance affectée.... Quelques autres non moins extrêmes ont tenu les consciences captives sous des rigueurs très injustes. Ils ne peuvent supporter aucune faiblesse. Us traînent toujours l'Enfer après eux, et ne fulminent que des anathèmes. > (Oraison funèbre de

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