M. B, Poirier, oj
■.Gooj^lc
Tidus, c'est-à-dire des espèces ., c'est par des scrupules tout h fait digues de la science positive : « Il n'y a aucune de nos définitions qui soit précise, déclare-t-il.,.. La nature ne connaît pas nos définitions.... Une bonne description et jamais de définition. — Il n'y a rien de bien défini que ce qui est exactement décrit. >
Le ptatlosoptae. InBnenceB de Gondlll*e et de Descartes. Ses laennets. — Le philosophe, malgré ses lacunes, n'est pas moins digne d'estime. Quand BuiTon en vint à l'homme, on admira justemeqt la finesse de ses réflexions sur les difTérenls ftges, sur le rflle des sens, et les ressources que leur doit la pensée. Bien que l'influence de Condillac se laisse apercevoir dans ses analyses alors si goûtées, elle ne va poifrtant pas jusqu'au parti pris étroit où se trahit le vice d'une école. Non, Buffon revendique résolument les droils de l'esprit et l'initiative propre d'une raison indépendante de nos organes; il lance un défi tranquille au matérialisme grossier qu'Helvétius affichait sans pudeur. Son mépris tombe d'aplomb sur ces négat«urs de l'àme humaine; il ne daigne pas même les nommer en lea réfutant, ou plulât en les condamnant de sa superbe indifl%rence. Dans cette élévation d'accent, on relrouve donc le cartésien, mais non sans regretter qu'il ne suive pas son maître jusqu'aux sommets de la métaphysique.
Descartes, en effet, ne s'arrête point èi l'âme; en elle il reconnaît son Auteur. Or, dans ce chapitre si fameux où Buffon met en scène le premier homme, s'èveillant au milieu de la création récente, et racontant l'hisloire de ses naïves impressions, il est fâcheux qu'après avoir ainsi pris possession de l'existence par la douceur des sensations délicieuses qui l'émerveillent comme un enfant, ce nouveau-né d'une Providence si manifeste s'endorme voluptueusement, sans rendre aucune action de grâces au Père de toutes choses. Dans ce tableau, le penseur eût été vraiment un émule de Milton, s'il avait eu, comme lui, le sentiment religieux de l'adoration.
Disons toutefois que s'il n'a pas mis l'homme assez près de la Divinité, il lui inspire toujours le respect de lui-même. Dans l'introduction du quatrième volume (1153), lisez entre autres ces nobles discours où, comparant notre nature èi celle des