‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 171 sur 244 · LE SAVANT ; SON OBIGINALITÉ · texte numérisé non relu

LE SAVANT ; SON OBIGINALITÉ

San bBkgliMitUii soleniiaqae. — Parlant de l'itii agi nation, il en a (distingué, deux sortes, dont l'une est < l'ennemie de notre i.ine, source de l'illusion >, et l'autre, la puissance de saisir vivement les circonstances et de voir nettement les rapports éloignés des objets que nous considérons, qui est la qualité la plus brillante, l'esprit supérieur, le génie. II a rarement été la dupe de la première et il incarne la seconde dans la science. Sa Théorie de ta terre et surtout ses Époques de la nature sont les portiques toujours debout des plus magnifiques constructions de la science moderne. La vraie place de i'Hktoire naturelle est près de l'Encyclopédie, dont elle se distingue d'ailleurs par la gravité et l'élévation des vues philosophiques. Sa selMiee positive. — Au surplus, ses contributions personnelles à la science positive ne sont pas négligeables. En 1773, annonçant qu'il abandonne les Oiseaux pour les Minéraux, il nous conlie que ce dernier sujet lui est t plus familier, et plus analogue à son goût, par les belles découvertes et les gratide» vues dont il est iuseeptible >. 11 avait raison : il a été un géologue très distingué, au témoignage de ses pairs, et aussi un observateur avisé, curieux et le plus souvent exact des animaux ; et il a attiré cet éloge autorisé : t Buffon a écrit, avec une largeur de vues inconnue jusqu'à lui, l'hisloire naturelle de l'homme '. •

S* flexibilité d'esprit. — Il ne s'est pas enlété dans ses hypothèses quand les faits les contredisaient : par exemple, après avoir fait d'abord de l'homme le centre où tout tendait, il l'a progressivement relégué dans son canton de la nature, h mesure qu'il voyait mieux se dérouler l'ampleur de l'ensemble; après avoir cru à la fixité des espèces, il reconnaîtra et proclamera leur variabilité : et ayant d'abord, dans saThéorie de la terre, expliqué la configuration de la planète par l'action des eaux, il n'hésitera pas à faire prédominer celle du feu, dans ses Époques de [a nature, après trente ans de progrès dans la science des minéraux. S'il a tant décrit et si peu délini, s'il s'est obstiné à afllrmer contre les classificateurs h outrance, tels que Linné, que» dans la nature il n'existe que des individus ou suites d'indi-

Page 1