‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 210 sur 244 · ANALYSE CRITIQUE DE L'ÊMILE · texte numérisé non relu

ANALYSE CRITIQUE DE L'ÊMILE

Dès lors : » Emile est orphelin. Il n'importe qu'il ait son père et sa mère. Chargé de leurs devoirs, je succède à tous leurs droits. Il doit honorer ses parents, mais il dc doit obéir (^u'à moi. C'est ma première ou plutôt ma seule condition. Emile sera ■ un enfant bien formé, vigoureux et sain.... H faut que le corps ail de la vigueur pour obéir & l'âme.... Un corps ilébile affaiblit l'âme... >. Suivent les détails les plus minutieux sur les qualités h exiger de la nourrice, si la mère ne peut l'être. Emile sera emmené aux champs, chez sa nourrice, et son précepteur t'y suivra, car i l'éducation de l'homme commence à sa naissance; avant de parler, avant que d'entendre, il s'instruit déjà ».

Dresaafe ^«Ile en Bonrrlce. — Le dressage d'Emile commence par le choix dans les objets qu'on lui montre pour lui éviter les terreurs vaines, celles que suscitent les animaux laids, les masques, les bruits. On étudiera et déchifh'era la langue de ses vagissements, de ses gestes et de ses pleurs ; puis on dirigera ses premières articulations de manière h le douer d'un débit net et mâle, comme celui des enfants du village que Rousseau entend jouer sous sa fenêtre, en écrivant ce précepte. Et on prendra bien soin que • les mats qu'elles (ces arHculatioia) expriment ne se rapportent qu'à des objets sensibles qu'on puisse d'abord montrer k l'enfant >. C'est déjà la leçon de choses qui empêche de se payer de mots, sinon t l'écolier écoule en classe le verbiage de son régent, comme il énoulait au maillot le babil de sa nourrice ». Emile a appris « h parler, à manger, à marcher, à peu prés dans le même temps. C'est ici proprement la première époque de la vie. > Tel est ce premier livre si sage.

Deasième éUt «e l'earaaec (Uvre U). - Uberté de Vem- Ouil et 4e l'homme. — Dans le second livre, Rousseau considère le second état de l'enfance. 11 s'agit d'amener Emile i • travers le pays des sensations, jusqu'aux confins de la raisop puérile •.

Hais que de problèmes ardus sur la route, et que d'étoquenci

ou de sopfaismes employés à les résoudre ou à les tourner!

C'est d'abord un plaidoyer pour U liberté de l'enfant, qiu

amène Jean-Jacques à traiter de celle de l'homme, le, secr«t

tTDDiB unlumiB> n. — il

de rune et de l'autre étaat de se passer' le plus possible des ftutres : c Ces coasidérations sont impurlanles , s'écrie-t-il, et servent k résoudre tontes les contradictions du systënne social 1.

En éducation, la conséquence est de maintenir l'enfonl ( dans la seule dépendance des choses >, et de lui éviter la dépendance des hommes, source de tous les vices, car « c'est par elle que le maître et l'esclave se dépravent mutuellement >. Ce faisant, ■ vous aurez suivi l'ordre de la nature dans le progrès de son éducation >. Emile ne fera donc rien < par obéissaucei mais seulement par nécessité >. . Contrairement à la grande maxime de Locke, on ne raisonnera pas encore avec lui, et l'on attendra sagement 1' • avènement de sa raison, qui est la dernière à se développer parmi nos facultés >. Il sentira le pesant joug dé la nécessité, ne recevra aucune espèce de leçon verbale et les tiendra toutes de l'espérience. ' L*«d«e«tlaD HécttUvA. — < Oserai-je exposer ici la plus ^ande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'édueationtce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre. Lecteurs vulgaireé, pardonnez-moi mes paradoxes : il en faut feire quand on réfléchit. > Bien déraisonnable qui t ne vent ^as faire d'un enfant un enfant, mais un docteur i. ' La grande règle de tout ce second livre est donc que > la {)remiëre éducation doit être purement négative. Elle consiste, non point k enseigner la vertu ni la vérité, mais à garantir le cœur du vice et l'esprit de l'erreur, i l

■4p«aHe fc nne objectlam ^are. Émllf A la tmmpmga». — Uais on ne peut murer pour Emile toutesles portes du monde; où le placer? ■ dans le globe de la lune, dans une lie déserte?... Ne verra-t-il pas ses parents, ses voisine, ^sa nourrice, sa gou- .Vernante, son laquais, son gouverneur même, qui, après tout, ne sera pas un ange? » — < Cette objection est forte et solide », confesse Rousseau et il ajoute : ■ Je montre le but qu'il faut qu'on se propose : je ne dis pas qu'on y puisse arriver; mais je dis que celui qui en approchera davantage aura le mieux réussi >. Cependant nous aurons mis bien des chances de notre Côté en élevant « Emile à la campagne, loin de la cajiaille des talets, fes derniers dit hommeé après leurs mdUres >.

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