‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 242 sur 244 · III. — AUTEURS · texte numérisé non relu

III. — AUTEURS

RcMvvU »mx e«rr«apond*Bces do Voltaire et de Bom» •««■i adMMB mérilM Uttéraire* ot b«B( ■■icr«t de celle de BMDBiareh^B. — Parmi la multitude de leltres qu'écrivireal les auteurs, pour prâner et défendre leurs idées et leurs livres, pour raconter et pousser dans le monde leurs personnes et leurs coteries, au sein de la société la plus éprise de littérature 4ui fut jamais, après celles de Voltaire {pp. 86, 91, 93, 94, 99, 101, m, 116, 122, 128, 129, 130, 131, 132 sqq-, 137, 139, H2 sqq-, iU sqq., 150, 151, 152, 153, 156, 163, 167, 174, 175 sqq.. 177) et de J.-J. Rousseau (pp. 279, 280, 287, 295, 296 sqq., 305, 307) ', celles de Beaumarchais sont les plus remarquables.

Les deux tiers de sa correspondance sont inédits, mais nous avons pu la lire de bout en bout, et si nous la publions quelque jour, on y reconnaîtra Beaumarchais tout entier, ayant çà et là, même en alTaires, l'esprit du Figaro et presque partout de la bonhomie, et étant très évidemment digne de tout le bien que nous avons cru devoir dire de lui ailleurs, sur la foi de documents dont ces lettres sont les plus précieux. Elles documenteraient curieusement une bonne part de l'activité en tous sens de la fin du dernier siècle, comme on en peut juger par celles qui sont connues. Mais il ne faudrait pas surfaire leur mérite littéraire. L'esprit du Bflrtier et du Mariage, ou l'éloquence des Mifmoires, n'y sont en somme que très intermittents, tout comme dans les échantillons auxquels nous renvoyons (pp. 591, 594, 595, 601). Elles sont presque toutes de premier jet, leur auteur étant h l'ordinaire trop aflairé pour redresser ses phrases, éteindre les tons criards de certaines images ou aiguiser des traits, en un mot pour s'y livrer & tout ce travail de ta lime, dont nous avons montré ailleurs, chez lui, la lenteur assez surprenante, mais efficace *.

Védiocrité Itltéralre des corFespondance* dea «Nleara ■■ KVII1° sMcle et »m canse t le anrmenage de reaprlL — Les autres correspondances d'hommes de lettres du xviii" siècle

1. Ces lettre» sont étudiées ci-destu», pp. &13 sqq., et 663 aqij., i propos de S. Voir noire Beaumarchaii et tet oatrret. Paris, Hsehette. 1887.

AUTEUHS. 711

Q'ûffcent qu'uQ iniérél littéraire assez médiocre. Au siècle précèdent, oQ se bornait, en géaéral, pour mieux écrire; et les auteurs de profession eux-mêmes pouvaient faire passer dans leurs lettres un esprit qui était le fruit de leurs économies. Mais ceux du xviu* le dépensent presque tout entier dans leurs multiples écrits, et dans ces mille et une conversations littéraires qui se tiennent partout, depuis le salon jusqu'au caré, en passant par le parterre et les coulisses des théâtres, les bals de l'Opéra et les places publiques, les cercles littéraires et les tripols. Ils n'ont guère dans leurs billets que l'esprit du moment où ils écrivent.

C»raelérlBtlqiie des lettres d'antenrs an XVIII'' siècle. — Cela n'empêche pas qu'on n'y trouve de bonnes pages, avec de remarquables traits de mœurs ou de caractères, et aussi de sensibilité ou d'esprit, comme à peu près partout alors, sans oublier l'intérêt évident de leurs confidences sur leur propre personne, et sur les mille épisodes de cette bataille d'opinions littéraires et philosophiques qui remplit le siècle et l'achemine pathétiquement vers son tragique dénouement.

Correspondances de VanveDargnes, Dacis, FonteBcDei HoBtesqnieu, Hron, BdITod, Barthélémy, CoII«, Lebrnn, BonRIers, Bernardin de Saint-Pierre. — Il y a là une sorte d'intérêt, de progréi dramatique qu'on pourra noter avec le i-este depuis les lettres de Vauvenargoes (pp. 3S, 58, 65, 67 sqq.) jusqu'à celles de Ducis (pp. 627, 629, 830), en feuilletant successivement celles de Fonteoelle, qui y apparaît avec son amabilité spirituelle (p. 27); de Montesquieu, qui s'y décèle avec son mélange foncier de gravité philosophique et de verve gasconne (pp. 43, 44, 46, 47, 49) ; de Piron, qui y soutient assez bien sa réputation d'esprit (pp. 232, 323, 235); de Buffon, qui li'y découvre avec sa grâce naturelle à laquelle on ne rend pas assez hommage, ce qui calomnie la dignité de sa vie et la noblesse réelle de ses conceptions (pp. 313, 315, 318) ; de l'abbé Barthélémy, dont l'esprit ne doit pas faire oublier ceti« solidité érudite à laquelle le regretté M. Egger se faisait un devoir de rendre un périodique hommage, dans ses savantes leçons (pp. 409, 410, 411, 413); de Collé, qui y offre, par sa bonhomie spirituelle, un piquanl contraste avec la malignité liévreuse et

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assez grossièrement néologue de ioa Journal historique (pp. 582. 581, 585, 587); d'EcDuchard Lebrun, dont l'esprit est mieux à sa place dans sea billets que dans ses odes (p. 602) ; de Boutllers, type de ces gentilshommes frottés de littérature et de bel-esprit. selon la mode universelle, et qui faillit persuader à ses contem porains que, comme les marquis de Molière, il savait tout saa? avoir rien appris, mais qui eut au moins une fois du cœur ei de la ténacité (p. 611 sqq.); dans celles de Bernardin de Saint- Pierre enfin, où s^étalent toutes les contradictions de cette humeui romanesque et sensible, et decet optimisme misanthropiqii le prédestinaient h s'amalgamer avec Rousseau (pp. 619, 621. 633, 624).

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