‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 27 sur 244 · SON AUTEUR · texte numérisé non relu

SON AUTEUR

Devant le Duc alout cantnnt De Karlemaigne e de Rolant, E d'Olivier e des vasaals Ki munirent en RenohevnU.

Quant à savoir si les strophes chantées par Taillefer appartenaient au poème que nous connaissons, c'est une question au moins douteuse ; mais de l'étude des manuscrits les philologues concluent, d'un accord à peu près unanime, que le poème lel que nous le possédons date de !a seconde moitié du onzième siècle.

QncI (ranvère en eut l'auteBr? L« Cbannoii de B«l«Bd et la Chroalqne da taux Tnrpin. — La même obscurité nous dérobe aussi le nom du trouvère auquel nous devons cet antique monument. Faut-il l'appeler Turoldm ou Tkérouldc, comme nous y invite ce vers qiil termine le manuscrit d'Oxford :

Ci fait ta liçeste que Turnidiis dpclinet!

C'est fort improbable, ce nom étant fort commun au xC siècle. Le doute est d'autant plus permis que l'on ne s'accorde même pas sur le sens du mot decHnet qui signifie souvent achever, mais pourrait bien s'appliquer simplement ici soit au chant du jongleur, soit à la copie du scribe. Cette hypothèse serait même d'autant plus plausible qu'aux environs du xti° siècle la plupart des poèmes populaires étaient anonymes. Ajoutons que dans ce poème le mol geste, chacune des quatre fois qu'il y est employé, ■ désigne une chronique antérieure dont le poète invoque l'auto-

Sans insister sur cette signature, nous affirmerons seulement que la Cfironique latine du faux Turpin ' ne fut point, comme on a eu tort de le penser, la source k laquelle puisa le chantre anonyme du Roland. Car de profondes différences d'accent et de Ion distinguent ces deux écrits, inspirés l'un par une fierté toute féodale, et l'autre par l'onction d'un esprit ecclésiastique.

1. Le véritable Tnrpin, archevêque de Reims Bau3 Chsriemagne, mourut vera r»n 600. — )^ Tarpin de Soland moiiit à Roncovanx, tandis qne celui àe la CArenigue laline sarrit >n déwatre qu'il raconte avec toute la via de Char-

D'ailleurs H. Gaston Paris a démontré que dans cette fastidieuse chronique se trahit le travail de plusieurs maïas. Si les cinq premiers chapitres paraissent remonter au xi° siècle, les suivants qui intéressent la légende de Roland ne sont pas anlériours à la première moitié du xii«. Il n'y a donc aucune parenté entre la prose diffuse et béate du moine dévot qui composa cette compilation, et le poème si vif, si ferme, si franc, où l'on sent un homme de guerre et l'écho direct du fracas des armes.

Les mnnnficplis d'Osford et de Venise- — il convient de dire encore un mot sur les manuscrits qui nous ont transmis le Roland. A celui d'Oxford, écrit par un scribe anglo-normand, vers la fm du xiii^ siècle, qui est inconiestablement le plus ancien, on ne saurait opposer que- le texte de Venise, du xill' siècle, qui suit la version primitive jusqu'au vers 3683 du texte d'Oxford, mais dont le français a été trop italianisé pour faire autorité, et qui se termine par une longue digression sur ta prise de Narbonne par Aimeri, laquelle suggérera à Victor Hugo son Aimeri de Narbonne {Légende des siècles) '.

Quant aux six autres manuscrits que nous possédons ', ils sont tous postérieurs, et appartiennent k une époque on, au lieu d'entendre de la bouche des trouvères les chansons de geste, on se bornait 6 les lire. Aussi la version primitive a-t-elle été maladroitement remaniée ou amplinée. La langue paraissant alors trop rude ou trop monotone, on ne se permit pas seulement de transformer les assonances en rimes; mais, sous prétexte de rajeunir et d'embellir l'original, on le rendit méconnaissable. C'est ainsi, par exemple, que les quinze vers ovi ta ' mort de la belle Aude était racontée avec une brièveté si lou-

BodléieDDe [foods Digby, d* 33) el > àlé publié, pour lu premiAni fois, en 1: par M. FrancisijDe Michel ; le socoad appnrlienl à In Bibliothèque Saint-Ma

a. Celui de Paris (Bibliolh. nat.. 860, anf, 7337-5), qui remoate au iiii* siei a 13109 vers, su lieu de 4000. — Celui de Veranilles, qui appartonail Louis XVI, conlient 8330 vers. — L'n ïutre, qui est do Venise, n" 7. a 81 vers. — Colui de Lyon (n° 96i) date flu siV siètle. It 3' manque, un début poème, S4 iaisiei. — Colui de Cambridge (Trinity Collège, B. 3-32) est XVI' siècle. Los 17 premières Iniiaei font défaut. — Le teste lorrain, dcice vert aux euvirons de Mets par M. Michelant, n'est qu'un fragment do 3ai ve lesquel» ont été publiés par U. Oënïn.

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