‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieures (volume 5)Chapitre 48 sur 244 · ÉTUDE MORALE ET LITTËRAIRE. SS · texte numérisé non relu

ÉTUDE MORALE ET LITTËRAIRE. SS

bon grai de ce que vous m'avez loei, mais ne le dites à nuttuo taule celle semainne ' >.

On sait le reste; seul Joinville avait vu clair dans le cœur du roi, qui ne revint qu'en juillet 1254, après avoir relevé les murs des villes, fortillé Césorée, Jaffa, Sidon, libéré les captifs, el salisfait surabondamment à toute la responsabilité d'un premier malheur. Le retour lui était d'aiUeura imposé comme un devoir par la mort de sa mère : deuil inconsolable pour un tel fib, et que ne put adoucir même la vue de la France. Nous terminerons ici notre analyse, non sans regret; car tout est curieux dans ces Mémoires; mais il nous reste à résumer les impressions qu'ils nous laissent sur l'époque, le souverain et son biographe.

ËTUDE MORALE ET UTTËRAIRE

Véf^me, iM CFaiaade l'esl plaa qa'an •■«ekronUBie. La ■wdtnde. Le déc«MymccMeBt. Le Décrolaé de RBlebenr.

— Un des mérites de Joinville est de nous faire comprendre par des aveux instinctifs bien des vérités dont il est, h. son insu, l'interprète, et que nous expliquent d'eux-mêmes les menus détails peints d'après nature. Par exemple, si l'on se demande ce i)ue ses contemporains pensaient des croisades, il nous éclaire sur cette question mieux que ne ferait un historien de profession. Pour s'en convaincre, il suflit de recueillir les réveillions qui lui échappent et que contiennent les faits eux-mêmes. Biles démontrent à n'en pas douter que la religieuse aventure de saint Louis était un anachronisme. D'abord, le roi lui-même ne prit la croix que pour accomplir un vœu personnel fait dans une maladie si grave qu'on te crut mort, et qu'on voulait déjl lui tirer k drap sur le visage (4 décembre 1244). Or, quand

inmis LiTTtititniBB. "• — ^S'OO^ilc

il eut recouvré l'usage de ses sens, et qu'il appela près de lui l'évéque de Paris, Guillaume d'Auvergne, pour le prier de lui mettre la croix sur l'épaule (ce qui marquait l'eagagement Bolennel], le prélat voulut l'en délier, et faillit lui refuser son ministère. La résistance de sa mère fut plus vive encore : tout éplorée, elle se jeta auz genoux du maJade, ei le supplia de renoncer à son dessein. Mais l'éloquence de ses larmes ne put rien contre une résolution que son pieux Tils croyait inspirée par Dieu,

PourtAnt il ne partit que trois ans après. Son exemple décida les moins zélés, et lui valut une armée, mais au prix de quels EacriUces, de quel deuil! Joinville est le première en convenir. Le jour où l'abbé de Cheminon lui donna l'ècharpe et le bourdon du pèlerin qui devait, pieds nus, en robe de bure, visiter les saints lieux d'alentour, avant de s'en aller outre-mer, il confesse qu'il n'osa pas « retourner ses yeux vers Joinville, pour que le cœur ne lui attendrit pas trop du beau chAteau qu'il laissait, et de ses jeunes enfants *. Plus tard, il n'hésitera point à dire que la croisade lui a coftté gros, qu'il a dû mettre ses terres en gage pour subvenir h tant de frais, qu'il lui restait h peine mille livres de rente, enfin qu'il n'a rien apporté de Palestine, sinon des blessures,

11 n'oublia point ces souffrances lorsque saint Louis fut repris d'une irrésistible ardeur d'aller encore combattre ou plutôt mourir sous la Croix. Mandé à Paris avec les autres barons, il y vint, mais pour s'excuser auprès du souverain : car, malgré son dévouement, il s'en retourna dans son château, persuadé que c'était péché mortel de conseiller ce dernier départ.

C'est que la lassitude et le découragement avaient succédé partout à l'enthousiasme ou & l'horreur du Sarrasin. < En deu.'E siècles, dit M. Michelet, on avait eu le temps d'apprendre ce qu'étaient ces effroyables guerres. Les croisés qui, sur la foi de nos poèmes chevaleresques, avaient été chercher des empires de Trébizonde, des paradis de Jéricho, de Jérusalem, d'émeraude et de saphir, n'avaient trouvé qu'âpres vallées, cavalerie de vautours, tranchant acier de Damas, désert aride, et la soif sous le maigre ombrage du palmier. La croisade avait été ce fruit perllde des bords de la mer Morte, qui aux yeux oSVait

ANACHRONISME DE LA CROISADE. — SAINT LOUIS. 67 une orange, et dans la bouche o'.clail plus que cendre. On crui avoir assez fait pour la Terre Sainte ; et, quand elle fut perdue, c'est à Dieu qu'on s'en prit de sa perte. ■ Dieu a donc juré, dit un troubadour (le chevalier du Temple), de faire une mosquée de Sainte-Uarie de Jérusalem? Puisque son (Ils, qui devait s'y opposer, le trouve bon, il y aurait de la folie à ne pas s'y résigner. Dieu dort, tandis que Mahomet fait éclater son pouvoir, > ~ Les trouvères pensaient de même ; témoin la riposte du décroisé de Rutebeuf au croisé, laquelle date de la même Époque :

On peut tort bien, en ce pays, Gagner Dieu sans grand dommage, Vous irez oulre-mer, ik-bas, Vous qui à. Folie fltes hommage.

PaHrRito de salnl LodI>. — Le deraler SIh da Moyen tse, - Le MarlTT. — Le MiiKt. — Seul saint Louis sentit saigner son cœur quand il apprit les massacres de Syrie et la détresse des dernières places qui tenaient encore. L'homme du moyen âge, son vrai, son dernier fils, ne pouvait rester sourd aux gémissements dos mourants et aux cris des vierges chrétiennes. S'il n'espéra pas les venger, il voulut du moins partager leur martyre ; et la couronne d'épines qu'il portait en ses mains, le jour où il prit solennellement la croix, dans la grande salle du Louvre, ■— la couronne d'épines se voit encore au-dessus de la couronne royale, sur la tlËche de la Sain te -Chapelle, — était comme le symbole du dévouement auquel l'obligeait l'honneur de sa foi : car le moyen âge mystique avait en lui sa suprétne expression, son plus pur idéal. Telle nous apparaît sa figure dans ce livre oii elle est ressuscitée par la mémoire du cœur- Sous le désordre d'un récit discursif, la tendresse et l'admiraiion de Joinvillc vont droit aux traits essentiels qui animent la physionomie du roi, et lui prêtent son expression définitive. Par le travail même des années, il se fait un choix dans ses Muvenirs : tout ce qui était accessoire pâlit, ou s'efface, et il ne loi reste plus que l'impression des vertus qui transfigurent l'homme en héros et en saint. Or, entre toutes, celle qui le signale d'abord est l'esprit de sacrifice. VoilA pourquoi le bio-

os JOINVILLE,

graphe a célébré si souvent les occasions où le bon roi mil sa persoDue en péril de mort, afin d'épargner dommage à son peuple. Parmi les exemples qu'il en cite, voici le plus notable. C'était au retour de cette désastreuse croisade. Le l""" mai 1254, la flotte se trouvait en vue de Chypre ; mais une brume épaisse dérobait la cAte; et, vers le soir, la nef du roi heurta si vio lemment contre ua banc que chacun criait : Héla»! el se crul perdu : ( Les mariniers batoient leurs paumes, pour c« que chascun avoit paour de noier >. Saint Louis, t tout deschaus, en pure cotte, et deschevelé >, était déjà sur le pont, les bras en croix devant un crucifix, * comme cil qui bien cuidait (pentait) noier d. Au malin, les plongeurs constatèrent que le navire avait perdu quatre toises de sa quille. Alors, appelant les maîtres nautoniers et principaux passagers, il leur demanda ce qui leur en semblait. Tous furent d'avis qu'il fallait quitter le bord. Mais le roi leur dit : € Supposé que la nef fût v6tre, cl chargée de vos marchandises, je vous demande sur votre loyauté si Yous en descendriez. * — A quoi tous ensemble répondirent : t que nenni >; car ils aimeraient mieux mettre leur corps en aventure que d'acheter une autre nef 4000 livres et plus. — t Et pourquoi donc, s'écria le roi, me conseillcz<vous de débarquer? — Mais, fircnl-ils, parce que ce n'est pas jeu égal; car ni or, ni argent ne peut équivaloir à voire personne, à celle de votre femme et de vos enfants qui sont céans. — Eh bien, dit le roi, maintenant je vous dirai mon avis. Si je descends du vaisseau, il y a ici toiles personnes, au nombre de cinq cents et plus, qui n'y voudront pas rester, et demeureront en l'île de Chypre par peur du péril. Car il n'y a homme qui autant n'aime la vie comme je fais ta mienne. Ils courront risque de ne jamais rentrer en leur pays. Donc, j'aime mieux mettre ma personne et ma femme et mes enfants en la main de Dieu, que de faire tel dommage à tant de monde qu'il y a céans. > Et, pour !e salut des siens, il continua sa navigation, deux mois encore, sur celte nef avariée. Qu'eiit fait Louis XIV en pareille occasion? Il eût peut-être changé* de bord. Quant à Henri IV, il eût imité son ^eul, mais par point d'honneur de soldat et bonne grAcc de Béarnais.

Cette charité est le signe d'élection qui distingue ce grand

SAINT LOUIS d'après JOINVItXE. ft»

cœur dont Voltaire disait < qu'il fut compatissaot comme s'il n'avait jamais ét^ que malheureux >. C'est à lui que s'applique ce mot de Bossuet : < Dieu mit premièrement dans son cœur latiODté *. Parla douceur fraternelle qu'il y mêle, il nous donne l'idée d'un saint François de Sales, moins souriant, mais d'une majesté gracieuse encore.

Le chevalier. — Le neator. -~ Le prw4^*Dtme, — Le JMMieler. — Il y a dans ces mémoires d'autres portraits qui nous montrent le même personnage sous un jour différent. L'un est le chevalier blond et beau, au casque d'or, au glaive nu, ne s'épargnant pas plus au jour de la bataille que daos les œuvres paciHques de sa royauté paternelle. L'autre représente une sorte de mentor évangélique, moralisant avec Join- Tille, et associant à ses édifiantes leçons des conseils de civilité <\a\ concourent à former l'honaètc homme, ou plutôt, comme on disait alors, le prud'homme; car * preudom est si grans chose et si bonne chose que, neis au (rien qu'à) nommer, emplist-il la bouche >. Cette prud'homie du roi était tout un «1 de concilier la bravoure, la sagesse et la piété, ce qu'il y a de plus exquis dans le chrétien et le chevalier. Le code de ces délicatesses se compose de préceptes, d'exemples, ou d'entreliens qui rappeUeot la méthode socratique, soit par leurs apologues et leurs paraboles, soit par l'adresse de questions bien menées et propres à conduire l'interlocuteur de réponse en réponse jusqu'à la conclusion désirée. — Ailleurs Joinvîlle esquisse avec un charme touchant les traits du roi justicier <|ui, f sans embarras d'huissiers ni autres gens, vêtu d'une robe de camelol, d'un surtout de liretaiue sans manches, avec on manteau de cendal noir autour du cou, très bien peigné ei sans coiffe, un chapel de plume de paou blanc sur la tête, s'accoiait à un chêne de Vincennes pour faire droit à chacun ». Voillt le saint Louis populaire qui ne périra pas. Quant au croisé, le moyen âge mourut avec lui ; mais on l'admire encore, parce que Joinville a été son Plutarque, ou, pour mieux dire, son Amyol.

Parlralt de JolavUIe. — Le CkaBpeneift. ■- Le ekevaUer WM reproche et waa UlasIoKB. — Ses lécCrelé*. — En nous le faisant connaître, Joinville se découvre lui-même. Or

JOINVILLIC.

de sa nature est un bon sens aiguisé de finesse chami qui ne se laisse pas trop entamer par le mysticisme al apôtre dont il était le confident. Plus raisonnable té, son zèle n'exclut pas du moins le calcul, la prudence. ine faiblesse, nous allions dire le sentiment de son , de ses aises et de son bien-être domestique. 11 faut ji savoir d'autant plus de gré d'aimer ce qui le dépasse, dire l'idéal auquel son élan ne saurait monter. Sans se olence, il cède ainsi, par un entraînement d'afTection, à dant d'une vertu qui d'abord l'étonné, puis le ravit, jus-

rendre supérieur h lui-même. Ni ses paroles, ni surtout es ne démentirent l'honneur de l'amitié qui lui imposait lulation généreuse; car il est certain qu'aux heures de

I resta toujours digne du Maître qui relevait jusqu'à lui e invincible attraction.

■tant ce chevalier sans reproche est aussi sans illusions. «art, il songe plus à la terre qu'il a quittée qu'& celle

va faire la conquête. Très vaillant lorsqu'il le faut, mais itentation, il affronte le péril, mais sans le chercher, et

que l'honneur au-dessus de la paix et de ses douceurs ées. Chrétien sans théologie, plus voisin de la cour que nastère, refusant toujours, de connivence avec ses t^ysiiiédecins), de mettre de l'eau dans son vin, il ne craint pas de scandaliser le pieux roi, en avouant qu'il se ga^ bien < de laveries pieds aux vilains, le Jeudi Saint *, et

aimerait mieux avoir fait trente péchés mortels qu'estre Lx (lépreux) •. En certains propos dont la légèreté profane .trister la conscience impeccable d'un saint, on senl e ici la métamorphose qui va transformer la chevalerie

en chevalerie mondaine, plus soucieuse de la terre que , et de sa gloire que de son salut.

it visible que l'enfance de Joinville s'écoula près de it de Champagne, le premier des chansonniers parmi le^i. Formé à celle école, il sut appliquer k l'histoire , conteur des trouvères, et conserva sa vivacité d'humeur

II moqueuse jusque dans ces entreliens où saint Louis lait de ses naïves saillies. Maintes fois, en effet, le roi aisir à mettre le sénéchal aux prises avec Sorbon, l'un

JOINVILLË d'après ses MÉHOIRES. 7t

iIl-s plus graves théologiens du teiiips ; et il souriait de voir ce iiocleur déconcerté ou même désarçonné par les plaisantes ripostes de son jeune antagoniste.

S*B ladéreadaMee el s* bonne f*l. — Cette franchise d'e[^ouement est le tour habituel du chroniqueur. Elle se l'clrouvc jusque dans les scènes sérieuses. C'est un rayon de soleil qui éclaire les heures les plus sombres. Soit qu'il exprime ses propres sentiments, soit qu'il rapporte les paroles ou les actes des autres, il ne vise jamais à les surfaire, et n'a rien d'uD panégyriste. C'est ainsi qu'il ne dissimule point les fautes commises même par le saint roi qu'il vénère si tendrement : ainsi, quand il parle du supplice infligé aux blasphémateurs auxquels saint Louis faisait percer la langue avec un fer rouge, il ajoute : « A Joinville, telle mauvaise parole reçoit un soufflet ou une tape (.L'indépendance avec laquelle il disait toujours la vérité à son maître éclate encore dans les témoignages qui s'adressent ici au lointain avenir. A plus forte raison n'a-t-il jamais pallié les misères morales de ces chevaliers chrétiens qui n'étaient pas tous également dignes de combattre pour la Croix. Lorsqu'à la bataille de la Massourc il prend si intrépidement la défense du poncel parmi le ru (du petit pont du ruisseau), il vit passer bien des gens de grand air < qui l'enfui/aient effréémenl >; or il ne le cache pas, mais il le dit avec autant de discrétion que de sincérité : • Jamais nous n'en pûmes faire rester aucun près de nous; j'en nommerais bien desquels je m'abstiendrai de parler, ear Ut sont morts >. Luimême, quand il est fait prisonnier, il confesse en toute bonne foi € qu'il &emhlait bien fort pour la peur qu'il avait. » S'il ajoute * et pour lamaladie aussi >, c'est avec une'simplicilé qui De prétend nullement devancer ce mot fameux de Bailly disant à ses bourreaux ; * Je tremble, mais de froid. • '

L'éerlvnln de race ganlolac. Concinsivn. — Les qualités Je l'homme sont celles de l'écrivain, si tant est que ce mot puisse convenir h cette causerie d'un vieiUard qui ne toucha pas à la plume. Mais c'est précisément cet abandon si naturel qui donne de la saveur à son style. Sous, les gaucheries d'une langue à peine formée, il nous agrée toujours par un mouve- Tneul aisé, par l'imprévu de l'expression, par une justesse

72 JOINVÏLLE : L'ÉCRIVAIN. CONCLUSION,

incomparable qui sait peindre sans décrire, et communique an tableau le sentiment de la réalité. On dirait que, selon le mot de Villemain, < les objets sont nés dans le monde le jour où il les a vus *, tant il a les yeux frais, tant sa façon de dire est toute voisine des choses, par un accent personnel, et par l'exactitude de ces images qui parlent aux yeus. Les siennes no^ doivent rien à la rhétorique ; elles sont involontaires comme ces heureuses rencontres qui échappent à des esprits vivement émus. Ces instincts s'enhardissent de plus en plus, à mesure qu'il s'anime au jeu; et parfois, quand il arrive à la seconde moitié de son œuvre, on dirait que le narrateur a pris conscience du son talent d'écrivain. Telle est, par exemple, la comparaison que voici : c Ainsi que l'écrivain qui a fait son livre, qui l'enlumine d'or et d'aïur, le dit roi enlumina la France de belles abbayes >.

Hais n'insistons pas ; car toute coquetterie d'auteur est étrangère à ses récits ; et ce serait se méprendre que de chercher des intentions littéraires dans les saillies spontanées d'une fantaisie ingénieuse sans le savoir. Disons seulement que Joinville se distingue dâ Villehardouin par des nuances et des couleurs qui égaient et illustrent son texte. A défaut de critique, il a la curiosité toujours en éVeil. S'il place les sources du Nil dans le Paradis terrestre, il s'enquîert du moins des questions qui l'intéressent, et transmet avec précision ce qu'il observe par lui-même. 11 se rend également compte de ce qui importe à laconduite d'une expédition d'Égyple, de certains détails géogra phiques ou politiques, du désert et des moyens de le traverser, des Bédouins et de leurs mœurs, des mamelouks et des révolutions de palais. Ailleurs il a des réûexions de moraliste qui, bien que furtives, nous signalent en lui, par leur malicieuse clairvoyance, un compatriote de La Fontaine. En résumé, ses Hémoires sont le fruit pur de l'esprit français, et nous font aimer dans leur gentillesse l'exemplaire le plus choisi de ce que le moyen âge entendait par la pruiïhomie chevaleresque.

DoiiîHihvGooj^lc

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