‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 101 sur 411 · L'épigramme commence ainsi · texte numérisé non relu

L'épigramme commence ainsi

La vraisemblance est choquée en la pièce Racine, si l'on croit et d'Olonno et Créqui.

11 serait scabreux de la citer tout entière, et surtout de la commenter. Mais nous devons la signaler cnmme un trait de mœurs littéraires.

2. Elle avait fait circuler de salon en salon la lettre sur VAlexandre. Dans un billet au comte de Lionne, Saint-Evremond s'en était plaint hautement. « Elle m'a fait, disait-il, un très méchant tour de montrer un sentiment confus que je lui avois envoyé sur cette pièce, en lui recommandant t'.e ne le faire voira personne... Je ne connois point Racine ; c'est un fort bel esprit que je voudrois servir. »

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courte qu'évasive. Dans une lettre d'affaires, écrite à M. de Lionne, il ne dit en passant que ces mots peu compromettants : « Andromaque Sihien l'air des belles choses. Il ne s'en faut presque rien qu'il n'y ait du grand. Ceux qui n'entrent point dans les choses l'admireront; ceux r^ui veulent des beautés pleines y chercheront je ne sais quoi qui les empêchera d'être tout à fait contents. >) Cette réserve trahit le parti pris de ne désobliger personne et à(i s'abstenir '.

Siiblign^, et la FoIIp Querelle. — Les siv larmes «le Mme de Sévigné. — Si Saint-Évremond se garda bien de s'engager dans un mauvais pas, pour le plaisir des oisifs, et baissa juivillon devant un triomphatiMir , il n'en fui point ainsi d'un méchant écrivain, îSubliguy ', dont la plume besogneuse, profitant d'une occasion où le scandale ferait bruit autour de son nom, composa une parodie d'Andromaque, intitulée la Folle Querelle. Il s'empressa de la porter au théâtre de Molière qui ne la refusa point ; car, depuis le divorce de Racine, l'émigration d'Alexandi'C, et l'enlèvement de Mlle du Parc, il avait droit de représailles, et, cette fois, il en usa. Jouée le vendredi, 18 mai 1668, cette misérable satire bénéficia du voisinage de Gcurf/(\^ Dandi)2, et surprit un semblant de succès. On fit même à l'auteur de l'Ecole des femines l'injure de la lui attribuer. C'était le calomnier ; car, dans cette plaidoirie littéraire, l'avocat d'une mauvaise cause est aussi sot que partial. 11 y met en scène deux fiancés ([ui doivent s'épouser, mais si' cherchent noise à propos d'Andrornaque, et finissent par se tourner le dos. Le champion de Racine, Eraste, est à la fois un ignorant, un sot et un fripon. On devine qu'il est sacrifié d'avance à l'esprit et au savoir d'Horlense (jui, dans

1. Sainl-Évi-finond dit ailleurs : Andromaque m'a semblé très belle; mais je crois qu'on peut aller plus loin dans les passions. Ce qui doit cire tendre n'est que doiii ; ce qui doit «xiilcr de la pitié ne donne <iue de [a leniiresse. Ce|8iidant, à tout prendre, Racine doit avoir plus de réputation «lu'auiuii autre, après Corneille. »

2. Perdon de .Suhligny, né en lO'iO, fut avoeat au Parlement. Il (il jouer, le r'aoni 1670, le DéSff})oir exlfaraijant, et publia la Fniixxe Clrlie, satire de Mlle de Scudéry. En 1«71, il défendit licrénice ronire l'abbé de Villars, et Ul paraître en 1U77 une Dinsatutioa sur Ua deux PUcdrcs.

la discussion, n'a point de peine à lui tenir tête, en attendant qu'elle reconduise de ses dédains victorieux. En prêtant à une femme des propos envenimés contre une œuvre qu'Henriette d'Angleterre favorisait de son suffrage, l'irrévérence d'un maladroit voulait peut-être atteindre de son ironie la charmantepatronne à' Andromaque. Celle intention était Lien digne de l'impertinence grossière avec laquelle il traitait l'épouse d'Hector « de grande bête », et Hermione « de guenipe* ».

Mais oublions ces pauvretés, et terminons ce chapitre d'histoire en leur opposant le souvenir de Mme de Sévigné qui, malgré sa dévotion pour Corneille, ne se défendit pas contre une tragédie où elle retrouvait son cœur. Elle la vit représenter à Vitré, où une simple troupe de campagne lui fit pleurer « plus de six larmes- ». La mère^d'Astyanax est ainsi vengée par la mère de Mme de Grignan.

Sources, antiques. — L'Andromaqae d Homère, et d Euripide. — Le péril de Molossos. — Barbarie des mœurs iiéroïques. — Avant de juger ce parfait exemplaire de l'amour maternel, il convient de dire un mot des sources auxquelles Racine a puisé son inspiration^.

Dès la plus lointaine antiquité, Andromaque représente l'épouse et la mère. Elle est déjà la Lucrèce deVIliadeK Modeste, cachée dans le sanctuaire du foyer domestique, aimant son mari avec respect, et son fils avec une tendresse attristée par de sombres pressentiments, souriante parmi ses larmes dans la scène des adieux funèbres, elle voit bientôt le cadavre d'Hector traîné par le char d'Achille ; et.

1. S'étant permis de refaire certaines scènes d'Atidromaque, il disait : « Voilà ce que M. Corneille eiit fait, et peut-être eiit-il mieux fait encore. » Un de ses principaux griefs était l'inconvenance d'Oreste tutoyant Pylade. Ceci lui paraissait un crime contre Téliquette, attendu que les rois ne se tutoient pas. Racine sut profiter de certaines critiques. Il supprima, au cinquième acte, la scène m où Andromaque faisait triste figure en face d'Hermione et de ses imprécations. II modifia plusieurs vers.

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