Tiré du poème intitulé La gloire du Val-de-Grâce
2. Il le fallait bien pour répondre si ponctuellement au cajirice da maitra, et aux vœux du public.
3. La Bruyère lui-même qui lui reproche « le jargon, et le barbarisme », seize ans après sa mort, en 1689, n'a pas eu le sens équitable. C'est qu'au dix-septième siècle le goût de la pureté avait conduit au purisme. Voyez Balzac sollicitaut Vaugelas en faveur du mot féiicité. Ne voulait-on pas rejeter
habiles lui ont marchandé l'admiration, le cœur de la France lui fut conquis dès le premier jour, et, quoi qu'en dise Boileau, elle reconnaît encore son Shakspeare jusque « dans le sac ridicule où Scapin s'enveloppe. »
L'homme. Sa mort. — Parvenu au comble de son art et de sa gloire, recherche par les plus grands seigneurs, mandé fréquemment par la Rochefoucauld, le cardinal de Retz, et M. le Prince auxijuels il donna la primeur des Femmes savantes et du Bourgeois gentilhomme, aimé du Roi qui le fit asseoir à sa table, et daignait être le parrain de son premier enfant*, Molière, dans tout l'éclat de sa faveur, aurait pu siéger à l'Académie française qui lui fit offrir un fauteuil par l'entremise de Boileau.Maisillui fallait, pour l'obtenir, renoncer à sa profession de comédien. Or son point d'honneur consistait non-seulement à ne pas déserter cette scène à laquelle il devait sa renommée, et dont il ne voulait pas rougir, mais à soutenir la fortune de sa troupe, c'est à-dire de cent personnes que sa retraite eût jetées dans la misère. De fâcheux symptômes alarmaient pourtant ses amis, et leurs instances le pressaient de renoncer à un état dont les fatigues minaient ses forces. Mais il s'obstinait à s'y refuser par dévouement. Les suites en furent funestes. Il venait de composer le Malade imaginaire^ où il jouait le rôle d'Argan, lorsqu'à la quatrième représentation, le vendredi 17 février 1678, il se sentit plus incommodé que de coutume. On lui conseilla le repos, mais en vain. « Gomment voulezvous que je fasse? répondit-il. Il y a là cinquante pauvres ouvriers qui n'ont que leur travail pour vivre. Je me reprocherais d'avoir négligé de leur donner du pain un seul jour, le pouvant absolument. » Il fit donc un elTortsur lui-même, et, au moment où il prononçait le mot Jura, il se sentit attaqué d'une convulsion qu'il essaya de dissimuler sous un
poitrine, parce qu'on disait pot/ri7»« dt veau (I, 2t6, Vaiigelas)? L'expression o i)ré'ienl faillit être proscrite, parce qu'un coiirli-;iri, l'ayant rencontrée dans un livre, ferma l'ouvrage (II, p. m). 11 y eut l.l de l'excès, du préjugé.
1, Riche de trente mille livres de rentes, il mcnail train libéral, dans sa maison de la rue l'.ich lieu, à la hauteur et en face de la rue Travi-rsière, vers le n» 3'» d'aujourd'bui.
';. 10 février I67:i.
rire forcé'. Transporté chez lui, rue Richelieu, il se mit au lit, et, tout en causant, l'ut pris d'un tel accès de toux, qu'un vaisseau se rompit dans sa poitrine. Étouffé par des flots de sang, il ne tarda pas à expirer, à Tâge de cin- Cfuante et un ans, trois mois et deux jours, à dix heures du soir,- dans les bras de deux sœurs de charité qu'il avait recueillies chez lui, et qui passèrent la nuit en prières, près de leur bienfaiteur. On sait que la sépulture religieuse faillit être refusée à sa dépouille. Mais, grâce au bon curé d'Auteuil qui accompagna la veuve de Molière à Versailles, lorsqu'elle alla se jeter aux pieds du roi , pour solliciter son intervention, il fut décidé qu'on accorderait « un peu de terre » aux restes du comédien, pourvu que le corps allât directement au cimetière Saint Joseph, rue Montmartre, sans passer par l'église. La cérémonie s'accomplit le 21 février au soir. Deux ecclésiastiques accompagnaient la bière, et deux cents personnes environ suivaient, tenant chacune un flambeau. On ne fit entendre aucun chant funèbre. Dans la journée, des fanatiques s'élant assemblés autour de la maison mortuaire, il fallut dissiper cette tourbe en lui jetant de l'argent *. Mais la postérité a bien vengé Molière de ces indignes outrages.