‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 25 sur 411 · LeUre & Chapelain; 15 janvier · texte numérisé non relu

LeUre & Chapelain; 15 janvier

3. La pièce fut imprimée le 15 janvier I6'il. On lit dans la préface : « Certes, Monseigneur, la cliangemenl visible qu'on remarque datis mes ouvrages

Le récit de Tite-Live; comment Corneille en tire une tragédie. — L'action, ses ressorts dans les trois premiers actes. — Il fallait un art consommé pour tirer une tragédie des pages que nous lisons dans le premier livre de Tite-Live ; et l'on peut dire que jamais Corneille ne fut plus qu'ici redevable à son génie. Car, dans cette légende fameuse surtout par le nom de Rome, la matière semblait trop simple pour suffire à un intérêt soutenu durant cinq actes. Voyons donc tout d'abord quelles ressources réussirent à féconder et varier une situation ingrate pour la scène.

Le grand ressort dont s'avisa Corneille fut de supposer que les liens du sang unissaient déjà les deux familles, et allaient être resserrés encore par une nouvelle alliance. Dès l'exposition, nous savons en effet qu'un des Romains a épousé Sabine, et qu'un des Albains aime Camille, sœur des Horaces. Les émotions du foyer se mêleront donc à celles de la patrie, pour rendre pathétiques les alternatives qui serviront ici de cadre à la peinMare des caractères et des mœurs.

Lorsque s'ouvre le théâtre, Albe et Rome sont en guerre ; et, ce jour-là même, doit se livrer entre elles une bataille décisive. Sabine, qui se plaint d'avoir ses frères dans une armée et son mari dans l'autre, n'ose former un vœu de défaite ou de victoire. Rassurée par un oracle ', mais alarmée par un songe, Camille, elle aussi, nous fait confidence de son espoir et de ses craintes, lorsque son amant vient

depu's que j'ai l'honneur d'être à votre Éminence, qu'est-ce autre chose qu'un effet des grandes idées qu'elle m'inspire quand elle daigne souffrir que je lui rende mes devoirs? Et à quoi peut-on attribuer ce qui s'y mêle de mauvais, qu'aux ténèbres grossières que je reprends, quand je me trouve abandonné à ma propre foiblesse? »

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