C'est le témoignage de sa sœur Marguerite Périer
3. Oui, c'est une preuve : car on n'est pas éloquent dans le mensonge.
rieures dans l'art de retourner contre l'ennemi ses propres armes, et de le réduire à capituler.
Si le théâtre paraît plus étroit, l'orateur n'en est que plus admirable d'avoir su agrandir sa cause à ce point que ses mouvements pathétiques soient naturels et commi; attendus. L'honneur de l'âme humaine ne vaul-il pas d'ailleurs l'indépendance d'une cité?
Aussi les premières blessures n'étaient-elles qu'un badinage comparées à celles qui maintenant portent des coups mortels; car ce n'est plus l'orgueil qu'il veuthumilier, et le mépris même ne sul'lit pas aux scandales qu'il accuse. Combattant pour ce qu'il a de plus cher, c'est avec toutes les ressources de la dialectique la plus ardente qu'il attaque non des délits qui font sourire, mais des crimes qui, allant à la ruine de l'Etat comme de l'Eglise, ofl'enscnt tout ensemble la raison et la foi. C'est vraiment du haut d'une tribune que sa parole retentit, lorsque, décrivant avec tant d'énergie la longue et si étrange guerre de la violence et de la vérité, deux puissances qui ne peuvent rien l'une sur l'autre, il prédit le triomphe de la vérité, parce qu'elle est éternelle comme Dieu même ^ Ces accents ne sont pas rares à partir de cette onzième lettre qui mériterait d'être la préface du Tartuffe. Reprenant alors des motifs que semblait avoir épuisés l'ironie de son persillage, il les renouvelle par l'amertume de sa colère.
Telle est son immortelle protestation contre la complicité des doctrines qui protègent l'homicide-. Telle est la ilétrissure qu'il inflige à la calomnie, cet assassinai moral dont ses adversaires osaient faire l'apologie. Si ces représailles ne sont point inspirées par la charité chrétienne, à qui la faute? N'était-il pas, lui et ses amis, endroit de légitime défense? Aussi partageons-nous ses ressentiments, lorsque, fort du mystère qui couvre son nom, il s'écrie: « Yousvous sentez frappés par une main invisible; vous essayez en vain de ra'attaquer en la ])ersonne de ceux auxquels vous me croyez uni. Je ne vous crains ni
1. Douzième leUre. C'est sa péroraison. Il y a là un ci'i tlo la consciouce.