Né en
sèment de l'apologue pour solliciter l'assistance d'un ami dont les bons offices pouvaient l'aider à sortir du Ghâtelet'. Lui aussi, Alathurin Régnier, se soutient avec honneur dans sa fable intilulée : le Loup^ la Lionne et le Mulet^. Ces heureuses rencontres attestent du moins que le genre vivait encore au seizième siècle, et n'avait pas cessé de plaire, lorsque La Fontaine, fécondant l'héritage de ses devanciers, les éclipsa tous par l'éclat de sa gloire.
IL — L'homme et le poëte.
La Fontaine et sa légende. Le mondain, le caaseur.
— Avant de nous demander quelle fut son originalité, commençons par esquisser les principaux traits de sa physionomie ; car ils risquent de s'eft'acer un peu sous la légende qui représente ce poëte comme un enfant distrait, insouciant et paresseux, auquel une muse complaisante dicta de beaux vers dont il ne se doutait pas.
Et d'abord il ne faudrait point croire, sur la foi de certaines anecdotes, qu'un si charmant esprit fut en quelque sorte « un ours de génie^», qui ne s'entretenait volontiers qu'avec ses bêtes. Il serait plutôt, parmi nos écrivains de marque, un des premiers qui surent se mettre à l'aise avec les grands seigneurs, et rapprocher ainsi lés deux supériorités du rang et du talent.
Aimant le monde autant qu'il en était aimé, il ne cessa pas en effet d'y porter les grâces d'un intime abandon, comme on peut en juger par ses lettres et sesépîtres, parles dédicaces flatteuses ou les billets respectueusement familiers qu'il adresse à la duchesse de Bouillon, à MmedeThiange*,
1. M. Saint-Marc Girardin préfère sa fable du Lion et du Rat à celle de La Fontaine.