Prêché à l'hôpital général
. 3. Illustré par le sermon sur l'Honneur du monde.
it. On y distingue les sermons sur la Parole de Dieu, la Haine de la vérité, les Souffrances, la Mort.
5. Remarquons les discours sur VImpénitence finale, et les Devoirs det rois.
plus il y a de grandeur dans son objet, plus il est dans son élcment propre. Voilà pourquoi ses premières craisons funèbres, celles du P. Bourgoing, général de l'Oratoire (1662), et de Nicolas Cornet, grand-maître de Navarre (1663), pâlissent auprès de celles qui suivirent. Malgré de belles pages, dans l'une sur l'institution de l'Oratoire, dans l'autre sur le jansénisme et le molinisme jugés par la sûreté d'un arbitre gallican et libre de tout partipris, il est visible que l'espace fait défaut à l'ampleur de sa voix; elle en est comme réduite à tonner dans le vide. Le trépas de la reine Anne d'Autriche (1667) lui ouvrit bientôt le vaste champ de l'histoire, et il dut s'y sentir à l'aise; mais l'œuvre n'est pas parvenue jusqu'à nous, La rencontre grandiose qui convenait à la majesté de son génie lui fut offerte enfin en 1669 par la mort de la reine d'Angleterre, et, quelque temps après, par celle de la duchesse d'Orléans (1670). « A l'aigle, dit Sainte-Beuve, il fallait en etfet la vaste profondeur des cieux, et en bas les abîmes, les orages de l'océan j), c'est-à-dire les révolutions des empires, la chute et la restauration d'un trône, toutes les fortunes diverses assemblées en une seule existence, et pesant sur une même tète ; ou bien encore un de ces coups de foudre qui terrassent les vanités de la terre, et par lesquels triomphe le néant de toute grandeur.
Le précepteur du dauphin (1690 iG8i). — Quand il parut dans ces solennités glorieuses, il était déjà évêque de Gondom (1669), mais sans être assujéti à la résidence ; et ce titre ne lui fut qu'un acheminement aux fonctions de précepteur du Dauphin (1670). Dans une monarchie, l'éducation du prince est une sorte de ministère ; et Bossuet, qui ne se chargea de celte responsabilité qu'avec effroi, vit encore un devoir là où d'autres n'eussent vu qu'un honneur. Ajoutons que son dévouement n'eut pas sa récompense. Car l'élève d'un tel maître, étant de ceux qui écoutent sans entendre et regardent sans voir, ne profita guère des chefsd'œuvre qui passèrent par-dessus sa tête, parce qu'ils étaient trop au-dessus de sa portée. Le véritable Dauphin a été la France qui adopta parmi ses classiques, je ne dis pas la
Politique tirée de VÈcriture Sainte (car elle fut trop théocratique même pour la cour de Versailles), mais le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même^ où se concilient l'Évangile et Platon, saint Thomas d'Aquin et Descartes ; mais le Discours sur l'histoire universelle, cette nouvelle oraison funèbre, où tous les empires viennent tour à tour témoigner de leur faiblesse, et avouer que Dieu seul est grand. Car cet ouvrage est encore une déduction de la doctrine qui est le centre de sa croyance, à savoir le gouvernement de la Providence. « Bossuet y pousse les uns sur les autres tous les siècles et tous les peuples. En vain ils veulent faire halte ; marche, marche, ! dit-il à l'Egypte, et le trône des pharaons, et ce sacerdoce imposant, et ce peuple grave passe, et disparaît bientôt. Marche, marche] dit-il à la Grèce, et ees républiques turbulentes, cette nation de poètes et d'o-^
rateurs va se perdre dans le gouffre Rome elle-même,,
et cette nation invincible qui sert d'instrument aux desseins de Dieu, sera à son tour effacée de la terre, qu'elle n'aura conquise que pour Jésus-Christ; son aigle, qui croyait voler au gré de la politique du sénat, est forcée de reconnaître qu'elle a suivi le doigt de Dieu plutôt que l'ambition des Sylla et des Pompée : ainsi Dieu est partout, il renouvelle à son gré la figure du monde ; et, à la voix de Bossuet, l'antiquité semble se réveiller du tombeau, pour s'entendre révéler ce Dieu inconnu qui présidait à ses destinées, et qui est le seul qu'elle n'ait point adoré'. »
L'éducation du Dauphin une fois terminée (1681), Bossuet qui appartenait à l'Académie depuis 1671 , fut intronisé dans le siège de Meaux, où l'apôtre prodigua le pain quotidien de sa parole avec une libéralité touchante, qui ne crut pas déchoir en faisant même le catéchisme à des enfants. Cependant le clergé de France saluait en lui par avance un Père de l'Église ; simple évêque, il exerçait par son incorruptible orthodoxie une sorte de dictature unanimement acceptée. Réprimant par sa fermeté les prétentions outrées ou les manœuvres turbulentes, conciliant par