‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 41 sur 411 · POLYEUCTE · texte numérisé non relu

POLYEUCTE

Je les veux renverser.

Et morrir dans le temple, ou les y terrasser.

l'avantage reste encore à celles qu'inspire la charité chrétienne : car entre elles et les autres il y a la même distance qu'entre les exemples de Plutarque et les leçons de l'Évangile.

Allons plus loin, et soutonons contre les détracteurs de Polyeucte qu'on se méprendrait, en l'accusant trop légèrement d'indifférence cruelle pour Pauline. Sans doute, il a pu donner prétexte à ce grief par certains mots qui vont un peu au delà du nécessaire. Nous accorderons par exemple que le sens humain est blessé quand il lui arrive de dire:

Et je ne regard e Pauline

Que comme un obslacle à mon bien.

Mais, quoiqu'il se juge désormais invulnérable, son impassible sérénité n'en recouvre pas moins une affection d'autant plus profonde, qu'elle va perdre Pauline dans le temps pour la posséder dans l'éternité. Si, à l'heure de la séparation \ il s'écrie :

Je ne tous connois plus si vous n'êtes chrétienne,

cette dureté n'est de sa part qu'une façon de brusquer un dénouement qu'attardent d'inutiles prières. Mais son cœur dément sa bouche, et les preuves en sont manifestes dans l'incomparable scène ^ où il veut initier à la foi celle qu'il lionore par cet éloge :

Elle a trop de vertus pour n'être pas clirclicnne.

C'est d'abord cet hélas! qui échappe, à son stoïcisme. Ce sont les pleurs qu'il ne peat contenir, et que Pauline accueille par ce cri :

Mais ««urage! il s'émeut! je vois couler ses larmes.

C'est encore le faux-fuyant, moitié trompeur, moitié sincère, par lequel il explique cette soudaine faiblesse, et

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