‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 6 sur 411 · Fin do l6<iC-, Uoilcau lui applique ce vers · texte numérisé non relu

Fin do l6<iC-, Uoilcau lui applique ce vers

Ù'an divertissement nfus fait une Taligue. [Art poiil.)

Réception à l'Académie française (1647) ; A'icomède;

L'Imitation (l65l) Le 22 janvier 1647, le grand homme

entrait enfin à l'Académie française* qui répara ses torts, puis qu'elle lui avait préféré MM. de Salomon et du Ryer. Les troubles de la Fronde allaient éclater, et les lettres devaient en souffrir. Nommé provisoirement procureur des États de Normandie, Corneille profita cependant d'une éclaircie pour produire un opéra, Andromède, et une comédie héroïque, Don Sanche, qui attestent sa souplesse inventive. Nicomède fut aussi joué, non sans applaudissement, vers les premiers mois de 1651. Mêlé d'éléments tragiques et comiques, ce drame est bien le contemporain de cette échauffourée politique, où l'esprit et les bons mots égayaient nos folies et nos désastres. Mais Pertharile ne réussit point à distraire une indifférence que déplorait cette boutade de Scarron :

Il n'est saltimbanque en la place

Qui mieux ses affaires ne fasse

Que le meilleur comédien,

Soit François, soit Italien.

De Corneille les comédies,

Si magnifiques, si hardies,

De jour en jour baissent de prix.

Affligé de cette solitude oià languissait son art, il fit diversion à son chagrin, en continuant à traduire V Imitation''' , entreprise à laquelle l'avaient invité la régente Anne d'Autriche et ses anciens maîtres de la congrégation. Marguitlier de la paroisse de Saint-Sauveur, l'auteur de Polyeucte et de Théodore accomplissait d'ailleurs ce pieux travail comme un devoir de fervente dévotion qui plaisait à son àme sincèrement chrétienne. En 1658 il croyait même avoir renoncé pour toujours au théâtre ; mais ce sont W serments de poète, et les sollicitations du surintendant Fouquet n'eurent pas de peine à tirer de sa retraite celui qui écrivait alors :

Je sens le même feu, je sens la même audace

1. Il y remplaça, le 14 février 1650, le sieur BauJry, créature du duc de Longueville, alors prisonnier à Vincennes.

2. Les vingt premiers chapitres avaient paru le is novembre itiil.

Oui fit plaindre le Cid, qui fit combattre Horace; Et je me trouve encor la main qui crayonna L'àmedu grand l'ompéc, et l'esprit de Cinna.

Celte illusion ne fut point dissipée par OEdipe (1659), la Toison d'Or, Sophonisbe (1663)', Sertorius et Othon (166!.). Car ces pièces reçurent un accueil qui surprend un peu la postérité.

Le déclin (•l«64-iOT4). — Mais ce bonheur constant ne tarda point à se démentir, et nous touchons à la crise douloureuse qui mêla tant d'amertume aux dernières années de sa vie. On sait en effet que, malgré des parties vigoureuses et des esquisses encore remarquables par leur relief, Auêsilas, AtlUa et Pulchérie^ ne purent lutter contre une renommée naissante, qui allait éclipser celle de Corneille. Tite et Bérénice (1670), qui le mit directement aux prises avec son jeune rival, prouva trop que l'heure du silence était venue pour sa languissante vieillesse. Mais il lui en coûtait de se l'avouer ; et la Tragédie-Ballet de Psyché (1674), où Molière fut son collaborateur, lui déroba le sentiment d'une décadence que Suréna iinit par déclarer à tous les yeux. Il lui fallut bien comprendre alors que la carrière appartenait désormais sans partage à l'auteur d'ylndromaque, de Britiumicus, de Bérénice, de bajazct et de iîilhridale.

Tandis que venait retentir dans sa retraite l'écho des applaudissements qui lui semblaient coupables d'ingratitude, dos malheurs de famille affligèrent son foyer pauvre et soiilaire. Il perdit successivement deux de ses fils, dont l'un, déjà blessé sous les murs de Douai, périt au siège de Grave, à la tète d'une compagnie de cavalerie. Cet isolement se conipli([ua bientôt de gêne domestique. Car sa gloire n'avait enrichi ({ue notre littérature, et il en fut réduit à solliciter plus d'une fois ])rès de Golbert ou du roi la modique pension dont les arrérages étaient souvent oubliés. En 1679 un de ses amis n'écrivit-il pas : « En passant rue de la Parclieminerie, j'ai vu M. Corneille (|ui enlroit

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