‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 73 sur 411 · Acle 11, scène ni · texte numérisé non relu

Acle 11, scène ni

Et, si Flaminius en est lo capitaine.

Nous iioiinoiis lui trouver un lac de Trasimènc '.

Il y a donc de l'Achille en ce prince : il croit vivre dans ces temps épiques où un héros combat à lui seul une armée tout entière. Mais ce défaut, qui d'ailleurs est de son âge, le rend plus théâtral, surtout devant un public français au(|uel ne déplairont jamais les attitudes chevaleresques.

Celte jactance est d'ailleurs tempérée par une nuance que Corneille associe très adroitement à ces boutades trop belliqueuses. Je veux parler de l'admiration secrète que Nicomède éprouve pour les ennemis qu'il déteste. Ce fut là un sentiment commun à tous les adversaires qui méritèrent de se mesurer avec Rome'^ Leur haine recouvrait une involontaire estime. Leur patriotisme était jaloux des vertus militaires et civiques dont ils enviaient la supériorité. Ce respect mêlé de crainte n'est-il pas visible dans celle réponse que fait Nicomède, lorsque Attale, déclarant sa tendresse à la reine d'Arménie, invoque le patronage de Home en faveur de ses espérances :

Elle s'indisiieroit de voir sa créature,

A l'éclat de son nom faire une telle injure,

Et vous dégraderoil peut-être dès domain

J)u titre glorieux do ciluyen Romain.

Vous l'a-t-elle donné pour mériter sa haine,

En le déshonorant par l'amour dune reine?

Et ne savez-vous plus iprii nost princes ni rois

(ju'elle daigne égaler à ses moindns bourgeois?

1. r.c Irait, Corneille l'avait exagéré, lorsiiu'il faisait dire à Nicomède parlant d'.'\iiiiil>ai :

On me croit son disciple, et je le tiens à gloire; Kt, quand Flaminius attaque sa mémoire, 11 doit savoir qu'un jour il me fera raison I)"avoir ri'duit mon mailreau recours du poison, El u'oiililier jamais qi]'.iulrefois ce grand lionima Commença par son père à triompher de Home.

« (Acte II, scCne ui.)

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