‹ Études littéraires sur les classiques français des classes supérieurs. Nouv. éd., conforme aux programmes de 1880Chapitre 75 sur 411 · Il riiiir.i p;ir dire · texte numérisé non relu

Il riiiir.i p;ir dire

lUiinc qui n'aime pas à voir un puissant roi L'a craint dans Nicomi:dc, cl le craiiulroit en moi. 'Je ne dois plus prétendre à l'hymen d'une reine, Si je ne veux déplaire à notre souveraine.

2. Ils le paraissent trop chez Corneille, parce que ses raracti'-ros manquent de nuances et de souplesse. Ils sont raides, et absolus. Voilà pourquoi on s'étonne de voir les métamorphoses de Félix, d'Lmilie, et de Laudice.

Arsinoé. La marâtre. — Nous ne dirons rien de Laodice et d'Araspe, sinon -que ces deux figures ont ici leur utilité. L'une aide à l'exposition, et motive le nœud de l'intrigue ; mais je goûte peu ses façons doucereuses, et ses rodomontades romanesques. L'autre a son expression personnelle. C'est le courtisan prêt à servir tout pouvoir qui s'élève, sauf à le trahir quand il tombe. Je le soupçonne d'être lié avec la reine par un accord secret qui ne s'avoue pas. On dirait un Pallas entre Agrippine et Claude. Mais admirons surtout avec quelle vigueur le poète a peint au vrai dans Arsinoé la sourde guerre de la marâtre contre les enfants d'un autre lit, et toutes les captations de sa haine spoliatrice. C'est l'histoire de beaucoup de foyers; et, du palais à la chaumière, il n'y a ici que la distance des conditions ou des ambitions. On pourrait appeler Arsinoé une Béline couronnée. Sur des théâtres différents, toutes deux visent au même but, par les mêmes manœuvres. Nous pressentons Molière dans ce portrait qui a précédé de vingt-trois ans le Malade imaginaire.

Xicomède et Alithridate. — NicOiilède rappelle plus directement encore Mithridate qui fut postérieur de vingt et un ans. Si Racine l'emporte par l'égalité d'un style toujours élégant et harmonieux ', s'il est incomparable dans la

1. Corneille a des fautes de diction; il ne sait pas donner de l'attrait aux détails de médiocre importance. Il n'exprime parfaitement que les pensées grandes et fortes. Ses entretiens de pure galanterie sont entortillés, ou chargés de lourdes périphases, et de métaphores emphatiques. Mais le sublime lui vient naturellement. Parmi les traits qui caractérisent sa manière, citons celui-ci:

PBUSIAS.

Je veux mettre d'accord l'amour et la nature, Etre père et mari, dans celte conjoncture.

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