Acte V, si't-iiP III
l'acc&pte point ; et, povir que Titus cesse de lui disputer la main de Domitie, il révèle à son frère qu'elle lui a promis sa foi. C'est alors que, devant les deux prétendanls, a lieu cette étrange scène d'explication où la jeune fille déclare de nouveau qu'elle préfère Dorai tian à Titus, mais non à l'Empire. Il y a là de quoi effrayer celui qui est l'objet de son choix. Aussi cherche-t-elle à ie rassurer par la théorie que voici :
Le cœur se rend bientiM quand l'âme est satisfaite. Nous le défendons mal de qui remplit nos vœux. Un moment dans le trône éteint tous autres feux ; Et donner tout ce cœur, souvent, ce n'est que faire D'un trésor invisible un don imaginaire. A l'amour vraiment noble il suffit du dehors ; Il veut bien du dedans ignorer les ressorts.
Certes, les Chimène et les Pauline ne se seraient pas reconnues dans cette métaphysique intéressée: elle ne, rappelait que les maximes égoïstes de La Rochefoucauld, celle-ci par exemple : « Il n'y a point de passion oij l'amour de soi-même règne si puissamment que dans l'amour. » Corneille ne la traduisait-il pas en ces vers :
L'amour-propre est la source en nous de tous les autres; C'en est le sentiment qui forme tous les nôtres. Lui seul alhinio, éteint, ou clinnge nos désirs. Les objets de nos vœux le sont de nos plaisirs.
Ces traits nous prouvent à quel point se fourvoyait un génie aussi candide dans le ridicule que dans le sublime. Pourtant, soyons justes, et reconnaissons que le dénouemont est supérieur à celui de lUicine par la noblesse avec lH(juelle Bérénice, malgré l'assentiment du Sénat qui consent à son mariage, met la gloire de son amant au-dessus des ambitions de son cœur, et quitte volontairement la ville où elle pouvait régner avec le maître du monde:
Grâces au juste ciel, ma gloire en sûreté N'a plus k redouter aucune indignité.
J'éprouve du Sénat l'amour de la justice, Et n'ai qu'à le vouloir pour T'Iri? impératrice. Home a sauvé ma gloire en nu' donnant sa voix.
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Sauvons-lui, vous et moi, la gloire de ses lois. Rendons-lui, vous et moi, cette reconnoissance D'en avoir, pour vous plaire, atloiljli la puissance, De l'avoir immolée à vos plus doux souhaits ! On vous aime: faisons qu'on vous aime à jamais... C'est à force d'amour que je m'arrache au vôtre ; . Et je serois à vous, si j'aimois comme une autre '.
Psyché, 1671. — Bien que la voix parût un peu rauque dans Tite ei Bérénice,' le cœur de Corneille restait jeune encore, témoin Psyché composée avec la collaboration de Molière^. Cet opéra-ballet nous enchante encore par une grâce qui étonne chez un vieillard de soixante-quatre ans. On en jugera par ce couplet de Psyché disant à l'Amour :
Vous soupirez, seigneur, ainsi que je soupire; Vos sens, comme les miens, paroissent interdits. C'est à moi de m'en taire, à vous de me le dire. Et cependant, c'est moi qui vous le dis^.
Quelle fraîchenr aussi dans cet autre passage :