A L'ADRESSE DÉS PRÊTRES BISONTINS
Pôfitqubi tte réciter- voirt pas encore le Bréviaire romairt? \6ui devez sôvôîr que lé bréviaire bisontin a perdu son privîtége (répôûse de la àabrée Congrégation des Rites à Soti Emrnence Je Cardinal^ Archevêque de Besançon en date du 28 août 1886), et qiie, par conséquent, d'après les Bulles de saint Pie V toujours subsistantes comnfie lois, Vous êtes obligé de dire le romain, tant au chœur que hors du chœur, sous peine de ne pas satisfaire au devoir de rofSce et de ne pas vous approprier légiliinemenl les fruits de voire bénéfiee représentés par le traitetncot de TEtat, sans eompler qu'en vous servant, comme vous le faîtes, d'un bréviaire qui contient des offices Aon approuvés par la sacrée "Congrégation des Rites, vous violez unie des défenses générales de V Index qui prosctil ces sortes d'offices, et paf suite ces sortes de livres.
— Je conti-nUè à mè servir du bréviaire bisoritin par habitude, pût*ce que j'ai appris à le réciter dans ma clérîcature» et qu'on me Ta imposé à l'époque de mou ordination.
-^ On vous Ta appris, dites- vous; mais si on vous a mal appris , sans toutefois y songer ; feriez- vous donc comme le femeux Vert- Vert? Ah! ditêsi plutôt : Mon dout Jésus; c'est-àdire apprenez à récîtet* le bréviaire de FEglise, le seul véritablement bon , à moins toutefois que vous ne consentiez être rangé parmi les perroquets;
— Mats c'est le bréviaire bisontin que j'ai pris à l'époque àe tilon ordination.
— Hélas 1 vous, n'avez pris que ce qu'on vous a donné; et alors revienl la même observation que plus haut. OU bien peut-être seriez-vous du nombre de ceux qui veulent être leur propre évêque et leur pape, et qui ne craignent pas d'affirmer que ni Pape ni Evêque n'a droit de régler la prière publique prescrite aut ordinands, ceux-ci se l'imposant à eux-mêmes et la choisissant à leur gré ? Mais vous devriez bien comprendre que si les ebrétiens dont il s'agit sont sincêrei, ils sont aussi par trop indépendants.
— A Dieu ne plaise que j'entende ainsi la chose! non, je ne suii pas mon Evêque en ce sens 16 , non sum, mais je le suis dans un tout autre sens, sequor.
— Vous voulez dire que vous suivez votre Evêque, soil; mais pour pouvoir le suivre, dirait ici (Quelqu'un ^ eoebre faùl-ii qu'il marche. Vous savez peut-être de qui est ce bon mot. Mais laissons de côté ce qui est trop piquant. Ne connaltriez-vous pas des gens qui veulent bien suivre leur Evêque, mais à condition qu'il ne marchera pas? Pour moi, j'en ai entendu un se plaindre de la circulaire latine ^e 18S7, où l'on a adopté en principe la liturgie romaine pour le diocèse de Besançon ; il regrettait, le cher homme ^ qu'on n'eût pas réclamé hautement auprès du Saint-Siège ce qu'il appelait nos droits. MaintenaDt encore, il croirait, dit-on, faire un péché mortel, s'il récitait le Bréviaire romain. Celui-là sans doute s'inquiète fort peu de suivre le Pape, qui nous autorise volontiers par ses Nonces à Paris à jouir du privilège du Propre de Rome ou d'un autre semblable, mais suivrait-il mieux son Evêque, si celui-ci marchait? Il me semble qu'il y a, ^ns son affaire, tant soit peu du fameux droit coutumier; et, si ce droit est supérieur au Pape, pourquoi ne le serait-il pas à l'Evéque aussi?
Au reste, si ce n'est pas lui qui veut relever ce honteux drapeau, ce sera son frère, un homme habile qui compose encore des thèses manuscrites pour prouver la légitimité de notre liturgie bisontine actuelle, nâalgré la décision toute contraire de la sacrée Congrégation des Rites , approuvée par le Saint-Père. N'est-il pas vrai que ce sont là de fameux Ultramontains? car c'est le nom qu'ils se donnent.
Mais, pQur ne parler que sur acte.s publics authentiques, n'avons-nous pas vu tout récemment un anonyme nous régaler d'une brochureite intitulée : Observations sur la brochure de M. Maire : La Liturgie romaine et la conscience? Je dis qu'il nous en a régalés, car il l'a répandue chez tous les libraires, et , de plus , elle a obtenu les honneurs d'un certain journal qui y voyait une réponse piquante, pleine de sens et de raison. Il est vrai que tout le monde n'a pas pensé ainsi, surtout depuis la réplique piquante, pleine de sens et de raison, de M. l'abbé Maire; mais enfin que pensait notre digne anonyme? Il n'a pas osé formuler des conclusions basées sur le droit coutumier; il a même désavoué de pareilles conséquences; mais au fond tous ses principes n'allaient-ils pas là , forcément? Ainsi, l'on a beau faire et beau dire, il y a encore parmi nous des partisans, au moins anonymes , du fameux Mémoire stir le droit coutumier, mis à Vindex par ordre du Pape en 1855. On
croirait presque qu'une de nos plus respectable? communautés aurait, été mise, sans l'avoir demandé touterois, en rapport intime avec un des collaborateurs et des distributeurs de cet ouvrage. C'est du moins ce que semble insinuer M. l'abbé Jacquenet, à la page 146 de ses Observations critiques sur la Théologie élémentaire de Toulouse,
— Je déclare pour mon compte que je n'appartiens pas à l'école mauvaise que vous venez de signaler; je suis mon Evéque, c'est-à-dire que je suis tout prêt h marcher après lui, dès qu'il marchera , même en foulant aux pieds le prétendu droit coutumier; mais je ne veux pas le devancer, parce que cela me parait, sinon mauvais, au moins inconvenant, et en tout cas non obligatoire.
— Vous suivez votre Evêque, dites- vous; cela est-il bien vrai? Lequel donc? car vous ne devez pas ignorer que les vrais catholiques reconnaissent véritablement deuxEvêques, savoir : celui qui a été chargé par Jésus-Christ lui-même de paître les agneaux aussi bien que les brebis, le Souverain Pontife, et celui que le Saint-Esprit a glacé sans doute pour gouverner l'Eglise de Dieu, mais sous la direction et dans la dépendance, pour ne pas dire par l'intermédiaire du premier. Or, c'est par l'union avec le premier que l'on est vraiment catholique, parce qu'il est la pierre angulaire de l'édifice bâti par Jésus-Christ, tandis que le second n'offre pas les mêmes garanties et ne jouit pas des mêmes privilèges, n'ayant pas reçu les mêmes pro-* messes. Quel est donc celui des deux que vous suivez? Le second? oui ; mais le premier? c'est ce que nous allons voir.
Ne vous dit-il pas, celui-ci, par la Bulle de saint Pie V, que vous tous, « prêtres ou clercs, qui êtes obligés, à n'im- » porte quel titre , de réciter l'office , vous devez faire en sorte » de le dire ou de le psalmodier, tant au chœur que hors du » chœur, d'après la formule du Bréviaire romain , » dès que vous n'en avez pas un autre vraiment privilégié? oui. Vous aulorise-t-il à' passer pour cela par la filière de votre Ordinaire, en sorte que vous puissiez ne marcher qu'après lui ? non; c'est à vous qu'il s'adresse personnellement et immédiatement. Quant à votre second Evêque, que lui dit'-ii? deux choses : d'une part , il l'oblige comme particulier à remplir le même devoir que vous ; de l'autre , il lui ordonne , à titre d'Evéque , d'introduire le Bréviaire romain dans son diocèse. Citons les paroles mêmes de la Bulle : Jubemus omnes et singuhs
Episcoposy uiy omissis quœ siq^remmus cœteris omn^iês etiam privatim per eos consëtUlia ^ brevi(frimi^ hoç m suis quisque ààœœsibus mtrodticani ; voilà Tobligatm propre de l'Evéque; voici maintenant celle qui lui est commune avec ses prêtres : ei lam ipsi qmm emtm omnes pireébyteri et ckrici... quibus officium dicendi et psallendi quamodocumque injunetumest^ ui ex hujus nostri breviarii formula,, tam in (Âoro quam exira illum, dioere et psaUere proeurent. Ne sonl-ce pas là deux. obligations bien distinctes? Si celle qui est imposée auji prétros dépendait tellement de l'accomplissement de celle de leur Ëvéque, qu*à défaut par oelui*ci de remplir la sienne,, ceux-là fussent dispensés aussi de la leur et pussent le sume ea sûreté de conscience, pourquoi saint Pie V l'a-t-il si nettement spécifiée? Il aurait pu sans inconvénient, et même du pow plus de sûreté, s'abstenir de la formuler; ce qui prouve, au contraire, qu'il a voulu le^ obliger indépendamment l'un de l'autre, c'e^ qu'après avoir divisé les deux obligations de t'Ëvéqueet du prêtre, quand il arrive à la seconde prescriptioa qui les re*« garde tous les deux , il les désigne l'un et l'autre et ks place sur la même ligne , jubamm tam ipsi ( Ëpiscopi ) quam cœteri omnes presb^teriut procurent. Donc, au moins en cette noiaiiëre, les simples prêtres ne sont pas tenus de suivre ou plutôt d'attendre leur second Ëvéque ; noa^seulemelit ils peuvent , mais ib doivent au besoin marcher avant lui. Leurs obligations soat même tellement divisibles et indépendantes « que lesTaisona qui peuvent arrêter l'un n'ont auôune valeur pour dispenser l'autre. On conçoit en effet qu'il puisse y avoir des motifis pour un Evéqtie de ne pas introduire de suite la litui^e romaine dans tout son diocèse, et que cependant un certaio nombre de ses prêtres puissent sans inconvénient l'adopter pour leur usage tant public que privé. En ce cas, pourquoi l'autorisation accordée à un Evéque, pour différer d'aocomplir son devoir, emporterait-elle la dispense pour tous ses préltes d'accomplir celui qui leur est imposé à tous de travailler à Tesécuton de la loi? Une permission ainsi étendue ne semil**. elle pas déraisonnable , comme étant de noUve à causer à la loi un très-grand préjudice?
D'un autre cêté, o'estrce pas se faice une trèSfgrande illusion que de croire suivre son Evéque , quand on attend ses prescriptions pour se mettre au romain? Quel est donc le véritabte Evéque de- chacun en tnatiàre de liturgie,: sinon le Pape
lui-même I et le Pape seul? Dès qu'il s'es^ réservé, en effet, et que le concile de Trente lui-même lui a réservé le droit liturgique, FOrdioaire diacésain ne peut plus être considéré comrQe VEf éque en cette matière, légitimement soustraite i sa juridiction par Tautorité supérieure. Il n'y a f^lua alors de droit épiscopal , pas plus que de droit coutumier, à invoquer sur ce point ; mais il &ut admettre le droit papal pur et simple; C'est donc une ineptie que de prétendre que l'on manque à son Ordinaire^ quand on prend le romain avant lui, car, en k fai^ sant, !on ne viole aucun de ses droits; on ne blesse par oon-* séquent ni le respect ni Tabéissance qu'on lui doit ; au eon-< traire, on remplit un devoir strict impûsé par l'autorité supérieure, la SQule l^itime. C'est ainsi que V adoption du romain en dehors de l'Evéque , bien loin d'être illicite ou-incon-" venante, est parfaitement, permise et certainement obligatoire. Pour être en règle en matière de liturgie, il faut pouvoir dire, non pas : je suis mon Ëvéque, mais : je suis le Pafw.
, -^ Eh bien l je suis le Pape, car il m'a permis de conserver encore mon bréviaire bisontin,
-^ il vous Ta permis I où est donc cette permission? Remar-* quez quelle doit être certaine, car, dans le doute, la loi possède, même selon les probabilistes ; or, vous ne pouvez montrer aucune permis^on , du moins certaine et qui regarde certaiaement les prêtres. La seule que l'on ait publiée dans le diocèse est la permission verbale et provisoire de 48S4. Or celle-là ne regardait que l'Evéque* Mais supposons qtie les prêtres aient pu s'en prévaloir eux-mêmes, à eause de la généralité du motif que l'on avait fait valoir pour l'obtenir, estKse que cette permission n'est pas depuis longtemps péri-* mée? Elle se rattachait à un travail promis en>18B&, et livré, puis jugé en 1856; c'est en attendant, mtereà, que l'ob pouvait s'en prévaloir; elle a'existe donc plas; au contraire, voilà plu^ deciirq ans qu'on nous a mis en demeure de prendre le romain au plus tôt : nikil alind superest niêi ut quamprimum. Cette réponse, ratifiée par Sa Sainteté^ supprimait évidemment toute permission antérieure; il ne renaît ^e le quamprimum, c'est-à-dire l'obligation la plus Mrgeptê possible, n'admettant pas d'autre excuse que l'impossibilité. Or, je I0 demande, où trouver les constitutifs d^one pareille impossibilité 9 Quoi! saint Pie V n'avait acQordé que six mois pour tout ^élài, dons un temps ob la chose devait souffrir d'immenses difficultés
en tout genre; et cinq ans n'auraient pas suffi de nos jours où les livres romains se rencontrent partout, et lorsque plus de soixante-douze de nos diocèses nous ont frayé la voie! D'ailleurs, la question n'est pas là pour les prêtres ; ils ne peuvent prétexter, eux, aucune espèce d'impossibilité qui les empêche de remplir leur devoir personnel ; toute l'affaire se réduit, pour ce qui les concerne', à une dépense très-peu considérable, et l'on peut très-bien leur appliquer, non plus cette première clause de la Bulle : dans six mois au plus tard, sex meimbus excursiSy mais bien celle qui la suit : dès qu'enfin ils pourront acheter un exemplaire du Bréviaire romain, vel càm primùm vetialium hujm breviarii voluminum facultaUm kabueriiU,
— Mais enfin, je suis le Pape, puisque je suis mon Evêque en communion avec lui.
— S'il s'agissait d'une affaire où il fallût passer par l'intermédiaire de l'Evêque , vous auriez raison ; mais dans une matière que le Saint-Siège s'est réservée et à propos de laquelle il intime ses propres ordres directement à tous les prêtres, cela ne se peut pas. Au reste, on ne se fait pas partout une juste idée des vrais rapports hiérarchiques que l'on doit garder dans l'Eglise. Ecoutons ce que vient «de proclamer sur ce point un illustre Prélat de notre France, dans une circulaire à son clergé en date du 13 octobre dernier, ou plutôt, puisque le Monde lui-même a publié cette lettre dans son numéro du 32, écoutons ce que ce Prélat en a écrit lui-même au Souverain Pontjfe dans une lettre latine qu'il a communiquée également à ses prêtres. Je me contente d'en extraire les deux phrases suivantes, qui résument très-bien toute sa doctrine sous ce rapport. Quapropter si in aliqud re, parvi vel magnd, Episcopw ipse à Summi Poniificis dictis, jussis ei voUs dafecerit, in hoc à clerids et sacerdotibus sibi subjeclis dimiliendus eslj ut, juxtà Divi Pauli dictum, obedienlia et subjectio et veneratio reddatwr semper et fideliter potestati suBusnoRi. Quod quidem in pnssentibus rerum dreumstantiis eà mihi opportunius visum M quod non dmnt graves quœdam timendorum sckismatum tel etiam hœresum ratianes. Je traduis : a C'est pourquoi si un Evêque » lui-même s'écarte en quelque chose que ce soit, petite ou » grande, des paroles, ordres et désirs du Souverain Pontife, » les clers et les prêtres qui lui sont soumis doivent F abandonner » en cela, afin que, selon le mot de l'Âpôtre, on rende toujours » et fidèlement l'obéissance, la soumission et le respect à
^ la puissance plus élevée . II m'a paru d*autant plus opportun » de faire cette déclaration dans l'état présent des choses, » qu'il ne manque pas de quelques raisons graves de craindre » des schismes ou même des hérésies. »
Personne ne sera tenté de voir dans ces paroles de Mgr. l'Evéque de Montauban une critique ou une allusion maligne , d'abord parce que , soit dans ses entretiens avec ses prêtres en retraite « soit dans sa circulaire française à tout son clergé, il s'en est fait à lui-même personnellement l'application pratique , ensuite parce qu'il indique expressément le mo^ tif qui Ta déterminé à publier cette déclaration en notre temps, la crainte de schisme ou même d'hérésie. Nul n'ignore, en effet , qu'en temps de schisme ou d'hérésier, tous les yeux doivent se tourner directement vers Rome. On a bien vu que de là seul pouvait nous venir le salut dans la grande révolutioDl de 1789 et à l'époque du Concordat de 1801; et en 1811 â|c core, combien n'importait-il pas, pour demeurer fidèle»/ d'avoir le mot de Pie VII captif? pouvait-on compter, par exemple , sur le cardinal Maury, coupable d'intrusion ? Si donc , ce qu'à Dieu ne plaise , de nouvelles épreuves de ce genre nous étaient réservées, à qui devrions-nous recourir ? Au Saint-Siège encore, et à ses, vrais amis. Mais comment reconnaître ceux-ci, sinon à leur zèle éprouvé pour obéir aux ordres , aux simples mots et aux désirs du Souverain Pontife , en toutes choses, tant petites que grandes. Voilà le but important que s'est proposé Mgr. l'Evéque de Montauban en publianjt la grave déclaration que nous venons de lire.
Il n'est donc pas dans l'ordre de suivre toujours son Evéque, alors même qu'il reste en communion extérieure avec le Souverain Pontife, à moins qu'il ne soit en communion complète de pensées et de vues avec lui, se conformant en tout à ce qu'il dit, commande et même désire.
Et puisque nous en sommes à parler de la déférence due même aux simples désirs du Pape, je ne terminerai pas sans signaler ici un bref adressé par le Saint-Père , le 5 septembre dernier, à Mgr. l'Archevêque de Toulouse. On y lit, entre autres choses, que c'est selon les désirs du Pape, jtixtà nostra desideria, que ce Prélat a rétabli la liturgie romaine dans son diocèse , et Sa Sainteté le félicite grandement de cet acte : Tibi summopere gratulamur de Romance Ecclesiœ liiurgid à Te istic resHtutd,
Au reste ^ on sait tt^^bien (}ue les désirs du Saiot4^ère en cette taaalidre ne sont pàÈ de simples désira non oUigatoires^ puisqu'ils Ont pour objet , non pd^ une chofie libre et simplement bonne , mais une chose déjà prescrite et rexécuiioo d'une kî dont il presse l'observation.
Finissons par une autre considération trë»-intéressanle. On se plaint quand nous représentonsi nos livres liturgiques illégitimes comme proscrits par l'Index ; en vain citons-nous les pro{Nres paroles de la défense générale qui les atteint, à. raison des offices ou bénédictions non approuvés qu'ils renferment ; c'est comme si nous parlions à des sourds. Eh bien I veut-^on savoir le cas <iue le Saint^Père fiait de ces sortes de livres? Un Evéque, de nos voisins, lui avait demandé le pouvoir de dispenser queiques-'Uns de ses prêtres, à raison de leur âge , de Jlfa rédtation du Bréviaire romain qu'il allait rendre obligatoire p|Ar tout son diocëne. Que i^pond l'admirable Pie IX ? Il ac* corde volontiers au suppliant la faculté d& conunuer la réci> tation ^e Toffice contre d'autres prières » telles que le chapelet , le rosaire , le chemin de la Croii , mais il excepte nommément l'ancien bréviaire diocésain qui demeure interdK. C'est cet Evéque lui-même qui a raconté tout récemment la chose dans une réunion où se trouvaient plusieurs de nos prêtres franc-comtois encore au bisontin , et c'est de la bouche de ces prêtres non suspects qu'elle est arrivée à nos oreilles.
Que diront donc ici nos vénérables confrères?
Que dirCMit-ils, d'abord, d'un Evéque qui*ne se croit ni infaillible, ni impeccable, et qui ose le publier?
Que diront-ils, ensuite, du Saint-Père , qui aime mieui le chapelet que nos anciens bréviaires, si beaux, si él^^tnts, si poétiques?
Qu'ils réflédiissent! qu'ils lisent le petit mot que nous leur adressons! et que Dieu leur fasse la gfice de connaître le vrai et de le pratiquer!
Nota. Dtns notre petit M^r, nons o'aroAi pas parlé spédëleÊ^ent de la D4oÉttilé de suivre le Missel romaîD ; mais, ootre que la Bulle qui le cooceme est •ediblibl<' à celle da Bréviaire» nul n*ignore que saint Pie V a accordé à perpéinité la bcolié de se servir librement et licitement de son Missel, pour chanter on dire la messe, dans quelque église que ce soit, sans sempule ni danger d'eDOourîr quelque piiBe, sentence ou censure, tt sans que personne puisse forcer aucun prêtre k céîibrer autrement.
Jean-François BERGÏER, prAre.
ftfiSAITÇOIl, IMPBIHSBIB DE I. lOtlVALOT*