Lettres, 1. IL
3. Hermèiy 1866, pages 438-448. Cette opinion a paru fort paradoxale et a été combultue poi* MM. t'ilichs, Ùoffuiann et Hirzel.
L ÉLOGE FOÉIU CHEZ LES ROXAEIS H-
après la mort d^AgricoIa, et comme^ après ce long délai, le temps était passé du discoars d'usage^ il eat la pensée dlioziorer da moins son illustre beau-père pai* un éloge écrit sous forme d'oraison funèbre: Nous aurions donc comme un exemplaire de cette antique éloquence perdue. Peut-être ne manque-t-il à cette opinion que d^être présentée ayec plus de mesure et d'être mieux défendue. M. Huebner, aa lieu de produire à Fappui de sa tbèse des exemples peu probants, aurait pu dire que plus d'une fois, quand un homme considérable mourait loin de Rome et par conséquent n'avait pu recevoir les honneurs usités sur le forum, le parent qui eût été chargé de prononcer son éloge en fusait un sous forme de livre, en donnant plus ou moins à cet écrit le caractère de l'éloge funèbre. Cest ainsi que Brutus, le meurtrier de César, écrivit celui de son beau-père Âppius Qaudius, mort en Eubée, et celui de son oncle Caton, qui s'était percé de son épée à Utique. Plus tard, sous l'empire, quand il n'était pas permis pendant le règne d'un mauvais prince de prononcer l'éloge des grands citoyens à leurs funérailles, on attendait la fin du règne pour leur rendre les bon* neurs de l'éloquence, et longtemps après, en des lectures publiques, on leur consacrait des discours qui étaient comme de tardives oraiscnê funèbres^ auxquelles Pline le Jeune se Csûsait un pieux devoir
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d'assister ^ Pourquoi Tacite n'^aurail-ii pas fait de même? Sans doute YAçricolaL a un caractère plus historique qu^oratoire. Il renfenne des considérations ethnoprrapbiques, géographiques, sur la Bretagne, conquise par Agricola^ et d'autres détails qui conviendraient peu à un discours funèbre prononcé devant Je peuple; mais on conçoit qu^après quatre ans révolus Tacite n'ait pas cru devoir £ûre un simple discours d'apparat, même sous la forme du livre, et que le futur historien des Annales ait déjà cédé à la tentation de faire de Thistoire. Seulement il a été insfûré par les sentiments qu'il eût montrésaufomm icnnme orateur; il a entrepris, dit -il lui-même, ce livre par piélé filiale, professione pietatU. et riaa iriMijîuV'hc de croire que la péroraison, par exemple, 1)1 s(Mt siMiiMaMc à celles qu'on foisait d^ordinaire ;m\ liini'1'iiiliv.^s (levant lecercueil : « SU est un séjour poni li^s in.uics des hommes vertueux, si les grandes .'inics. i'iMnnii' les philosophes aimentà le penser, tu >r\ci^uo\]\ pas avec le corps, repose en paix, et n«t!i.iiiî fît. Il no^: faililcsses. à nos r^rets. à nos pl;.ii.ii> efl'iMuineo, rap|^lle-nous, nous ta &mille.,à L'i i"i.hiri..pl;i!ii»n di' ti^ vort US. qu 'il n'cst pas permis ttt puuivi (Tosi par notre admiration, c'est par
ot...;.,.. s« I. |..»tt« iM,,^;- voJ■J^ Uiti^rOîtSj . ^ ,LettfTi^ l. Wih it.
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d'immortelles louanges, c'est en te ressemblant, si nous en avons la force, que nous devons t'honorer... » Cette belle et touchante apostrophe, qui renferme des sentiments analogues à ceux qu'on lit dans un certain nombre d'inscriptions funéraires et qui semblent avoir été d'usage, donne l'idée de ce que pouvait dire dans la péroraison un orateur à la tribune. Quoi qu'il en soit, nous croyons voir dans cette fin de VAgricola comme un lointain retentissement et un souvenir, involontaire si Ton veut, de l'éloquence funèbre, et, si par hasard on admettait que de pareils accents ont parfois retenti sur le forum, on pourrait conclure qu'il y eut des jours où des éloges romains, par leur élévation pathétique, ont égalé nos oraisons funèbres. M. Huebner aurait pu citer à l'appui de son opinion, selon nous en bien des points hasardée et trop absolue, la péroraison de l'éloge d'Auguste prononcé par Tibère, telle que nous la trouvons dans Dion Cassius et qui est assez conforme à celle de Tacite : « Il ne faut donc pas le pleurer, et, tandis que nous rendons son corps à la nature, nous devons éternellement révérer son âme comme celle d'un dieu ^ » Sans doute cette oraison funèbre d'Auguste n'est pas authentique : Dion, selon Tusage des historiens anciens, l'a composée