‹ Études morales sur le temps présent (volume 3)Chapitre 40 sur 56 · GO AUEAD AND NEVER MIND · texte numérisé non relu

GO AUEAD AND NEVER MIND

quand il applique ces ressource^ d'activité et d'intelligence à des choses réfléchies» arriver ft créer des prodiges et a prendre la tète de toutes les hâtions en fait d'industrie?

Faut-U relier deux crêtes de montagnes et jeter sur le gouffre béant qui s'oiivre entre elles un pont pour le passage des ohemins de fer? -^ On établit tout âimplemeht dee potences gigantesques en bois^ du fond de l'abidie au niveau qii'oh a marqué pour la roUte» et| sur oette voie fra^gile, longue parfois d'un mille ou deux» courent le8ehéi> mins de fer.

Le tennerrOf dans ses plus violents accès de Golôre, n'a pas de rugissements pareils à ceux que produisent ces ponts tremblants et sonores. On les traverse en frissonnant d'abord, puis on s'y habitue ; et| dès la troisième fois» il semble qu'on se soit si bien inoculé les procédés américains» que toutes ces ohoses monstrueusement hardies vous paraissent très-simples et très-naturelles.

L'obligation de simplifier et de hâter l'entrée en jouissance de leurs entreprises, force les Américains à concevoir ces audacieuses constructions qui ont, à la rigueur, ou peu s'en faut, ^aspect de merveilleux travaux d^art.

Ce peuple a l'heureuse monomanie de n'entreprendre que des choses d'une utilité constatée. Il gaspille peu son

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argent en joujoux industriels. Du momenl qu'il eonmence une chose utile, il lui faut arriver promptement au but visé, en économisant le temps, en se oontentant des moyens les plus simples. Pour peu qu'on puisse trsferser une rivière ou une falaise a l'aide d'un pont en bois aussi bien que d'un pont en pierres, les Américains se décident pour le pont en bois, qui est plus vite fait, et qui leur livre, par conséquent, bien plus tAt la route; sauf plus tard i ^'occuper du pont en pierres.

Les Américains poussent si loin la pratique de œ raisonnement, que, s'ils commencent un chemin de fer, par exemple, ils établissent tout d'abord une seule voie; et du jour où elle est terminée, ils la livrent à la circulation. Alors seulement on s'occupe de la seconde voie, celle qui rendra plus faciles et plus prompts l'aller et le retour, après quoi on avise aux améliorations, aux perfectionnements matériels.

C'est ce qui fait que chez eux tout a d'abord un aspect grossier et primitif. Ils ont autant horreur de l'argent qui dort que du temps qu'on ne gagne pas. Les embellissements leur importent peu ; d'abord l'utile, le solide et le pressé; dussent-ils n'y parvenir qu'à des prix énormes, et en entreprenant des travaux herculéens, fantasques, pleins de dangers, — comme ceux que j'ai signalés.

En matière commerciale, ils bravent souvent les plus mauvaises chances das plus lourdes entreprises. Mais c'est dans leur goût de faire acte de possession et de planter le drapeau de la conquête sur une industrie ou sur une

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