I. Correspondance de Porse, a4 *oùt i8o
qui pourtant avait été conquis par Pierre le Grand. — Les prétentions qu'avance la Perse sont étonnantes ; on peut les regarder comme une véritable déclaration de guerre ; cependant, la Perse est dans une complète détresse ; les Anglais la menacent et lui prennent ses ports du golfe Persique. La Russie veut bien ne pas profiter de ce triste état, si le prince Abbas envoie aussitôt au camp russe des plénipotentiaires.
Abbas, furieux, déchire la lettre du général russe, concentre ses troupes au camp de Khoy, appelle de la cavalerie.
L'alarme est grande à Téhéran au reçu de ces nouvelles'. Le grand vizir fait appeler aussitôt Gardane, relève le ton inconvenant des sommations russes, prie l'ambassadeur de faire observer les articles 2, 3, 4 du traité de Finkenstein, en faisant les représentations nécessaires au comte Goudovitch : « Voilà, dit-il, l'occasion de montrer la sincérité des protestations d'amitié et d'union que vous avez si souvent faites au nom de votre auguste souverain. » Gardane promet de faire tous ses efforts pour empêcher une rupture. Mirza- Chefy le remercie, compte sur lui, car le schah est très mécontent; il a menacé son vizir d'une disgrâce qui serait terrible. En même temps, le grand-vizir écrit à Champagny, demande des nouvelles, répète ses assurances amicales, souhaite que « la coupe de Son Excellence soit à jamais remplie du vin de la félicité ».
Feth-iVli lui-même écrit à Napoléon, le 22 octobre : « Il y a longtemps que nous n'avons reçu des lettres de notre auguste frère, que nous sommes privé d'une si douce lecture, que le gazon de l'intimité n'a pas été rafraîchi par une seule goutte de cette précieuse rosée... Il ne faut pas laisser périr le gazon des prairies de l'amitié, faute des ondées périodiques des pluies de la sincérité; il ne faut pas priver des rubis d'une aimable correspondance les oreilles et le col de l'aflection. »
La cour de France ^pond bien mal à ces instances. En juin, Champagny avait adressé à Gardane une courte note, où il affirmait que le traité de Finkenstein n'avait garanti à