‹ Études NapoléoniennesChapitre 138 sur 177 · I. Correspondance do Perse, i5 avril · texte numérisé non relu

I. Correspondance do Perse, i5 avril

ÉCHEC DE LA MISSION GARDANE 3/i I

Il laissait le champ de bataille persan à la rivalité anglo russe. Sir Harford Jones obtint quelque temps après de la Perse un traité d'alliance avec l'Angleterre : Feth-Ali s'engageait à s'opposer à la marche de toute armée européenne vers l'Inde ; en revanche, les Anglais s'engageaient à soutenir la Perse contre toute attaque d'une puissance européenne.

Napoléon ne fut pas content du retour de Gardane, et il le lui fit savoir. Il écrivait le 20 août 1809 à Champagny : « Faites connaître à M. de Gardane que sa lettre du 17 août a été mise sous mes yeux et que je l'ai trouvée [)lcine de fautes et d'ignorance de ses devoirs. De même qu'un ambassadeur ne peut partir sans ordre, de même il ne peut revenir sans ordre, surtout quand cet ambassadeirr quitte une ambassade qui coûte annuellement plus d'un million et compromet des relations si précieuses sous tous les points de vue. Ainsi, dans tous les cas, son retour en France, sans un ordre positif de moi, serait un crime ; mais puisque votre lettre du 17 juillet qu'il cite contenait l'ordre de rester à son poste aussi longtemps que possible, c'était lui dire qu'il devait rester jusqu'à ce que le chah de Perse le chassât, et bien au contraire de l'avoir chassé, la cour a été désespérée de son départ et a fait son possible, pour le retenir. Je ne saurais voir dans cette conduite que peu de zèle pour mon service et une infraction manifeste de ses devoirs. Au reste, il y a tant de décousu dans toutes ses dépêches qu'il me paraît qu'il y a quelque chose de dérangé dans sa tête.

« Faites-moi un rapport qui me fasse connaître les Français qui restent actuellement en Perse et ceux qui y sont allés avec M. de Gardane. Je vous renvoie la lettre de l'empereur de Perse. Faites une réponse que vous enverrez par la courte voie. Vous lui direz que j'ai blâmé et disgracié le général Gardane pour avoir quitté sa cour ; que je donne des ordres à mon chargé d'affaires de rentrer dans sa capitale et que je lui enverrai incessamment un autre ambassadeur, que je vois par sa lettre qu'il a bien compris la situation où je me trouve, comme j'ai bien compris les raisons qui l'ont

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obligé à reprendre des relations momentanées et apparentes avec les Anglais '. »

Quoi qu'il pût dire, la route de l'Orient se fermait ù Napoléon. Dans le même temps, d'ailleurs, il n'avait plus Talliance de la Turquie ; l'alliance russe était déjà moins sûre, l'Autriche préparait une nouvelle prise d'armes ; l'Es pagne tenait en échec les meilleures armées françaises ; les Anglais étaient débarqués en Portugal. Na[X)léon n'avait plus le loisir de porter si loin ses pensées.

Sa politique orientale fut comme un mirage qu'il offrait à son imagination, mais dont il ne put jamais fixer les traits ; en 1809 le mirage s'estompe et s'évanouit.

I. AfT. étrangères. Turquie. Mémoires et documents, vol. 03 et 6/| ; Histoire de la diplomatie française dans le Levant, par M. PolliMier, consuk général, II, f* 181. verso.

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