Vandal, I
LA CONVENTION d'eRFURT 35 1
« S. M. l'empereur de Russie s'engage à garder dans le plus profond secret l'article précédent, et à entamer, soit à Constantinople, soit partout ailleurs, une négociation, afin d'obtenir à l'amiable, si cela se peut, la cession de ces deux provinces. La France renonce à sa médiation. Les plénipotentiaires ou agents des deux puissances s'entendront sur le langage à tenir, afin de ne pas compromettre l'amitié existant entre la France et la Porte, ainsi que la sûreté des Français résidant dans les Echelles, pour empêcher la Porte de se jeter dans les bras de l'Angleterre. » L'article i6 disait encore : « Les Hautes Parties Contractantes s'engagent d'ailleurs à maintenir l'intégrité des autres possessions de l'empire ottoman, ne voulant ni faire elles-mêmes ni souffrir qu'il soit fait aucune entreprise contre aucune partie de cet empire sans qu'elles en soient préalablement prévenues. »
Napoléon ne put pas obtenir que la Russie prît à l'égard de l'Autriche une attitude assez nette pour l'empêcher de préparer une prise d'armes. Du moins se tirait-il de la question orientale à très bon compte. Il abandonnait la Moldavie et la Valachie, mais c'était simplement reconnaître un fait accompli depuis plus d'un an, cela n'augmentait pas la puissance de la Russie. D'ailleurs cette reconnaissance demeurait « dans le plus profond secret » ; la Porte restait dans l'ignorance de cet abandon, ne pouvait le reprocher au gouvernement français, demeurait intéressée, par crainte et par espérance, à garder l'amitié de Napoléon, à repousser encore les avances de l'Angleterre. C'était du temps gagné. L'article 12 de la convention d'Erfurt disait ' : « Si les démarches faites par les deux Hautes Parties Contractantes pour ramener la paix sont infructueuses, leurs Majestés Impériales se réuniront de nouveau, dans le délai d'un an, pour s'entendre sur les opéralions de la guerre commune et sur les moyens de la poursuivre avec toutes les forces et toutes les ressources des deux empires. » Le délai d'un an paraissait très suffisant à Napoléon pour en finir avec l'insurrection espagnole. Alors il se