I. P. Mouriez, 1, p
serait-ce pas invller Napoléon à prendre quelque territoire équivalent? Ils eurent peur, eux aussi, de donner le signal du démembrement. Ils préférèrent, comme Napoléon, dominer la Porte que d'en partager les dépouilles.
Leur présence sur les côtes ottomanes était comme un continuel conseil de prudence à l'adresse de l'Empereur. Qui sait ce qu'il aurait fait de l'empire turc, s'il avait pu écarter les Anglais de la Méditerranée? Tant qu'ils furent là, et ils y furent pendant tout son règne, il ne se prêtai pas au démembrement de l'empire ottoman, dans la crainte qu'ils n'en prissent les meilleurs morceaux. Et, comme eux, il proclama le dogme intangible de l'intégrité de l'empire du sultan. Ni d'un côté ni de l'autre ce n'était pure générosité.
Ainsi, en 1807, la situation de l'Orient s'établissait telle qu'elle devait rester, presque sans changement, jusqu'à la fin de l'Empire. Au nord, vers le Danube, les Russes^ installés en Moldavie, tendaient la main et des secours aux Serbes. Au sud, dans la Méditerranée, les Anglais surveillaient tout ce qui s'y passait et empêchaient qu'il s'y passât rien de décisif. Au centre, les Français, de la côte adriatique et de la Dalmalie, poussaient alors leur influence jusqu'à Constantinople et soutenaient la faiblesse du sultan. La Russie, l'.Vngleterre, la France avaient le même intérêt à ce que la Porte échappât à l'une et à l'autre ; ainsi d«'jà la plus grande force de la Turquie était faite des convoitises rivales que sa faiblesse excitait entre les grandes puissances chrétiennes.